"Noire n'est pas mon métier", un coup de gueule. À quand le changement?

"Noire n'est pas mon métier", des comediennes poussent un coup de gueule
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"Noire n'est pas mon métier", des comediennes poussent un coup de gueule - © Tous droits réservés

En France, seize actrices, dont Aïssa Maïga ou Sonia Rolland, ont décidé d'affirmer leurs revendications dans un livre : "Noire n'est pas mon métier". Les témoignages d’artistes qui refusent l’assignation y ont été recueillis.

Elles dénoncent le sexisme ambiant du monde du cinéma auquel se rajoute un racisme décomplexé. Elles en ont assez d’entendre que trop de protagonistes noires, cela ne marche pas en termes de recettes ou de se voir proposer des rôles comme celui de mamas en boubous, mères célibataires à problèmes ou prostituées. Elles ne veulent plus entendre la question "Vous parlez africain ?" ou des réflexions liées au prétendu appétit sexuel des femmes noires, croyances issues de la colonisation. 

Un discours qui tranche avec la stratégie du nouveau collectif F(s)

Le discours français tranche avec celui des 750 femmes issues du théâtre en Fédération Wallonie-Bruxelles qui réclament une réelle objectivation et comptent interpeller le politique. Chacune avance comme elle peut, mais Aïssa Maïga a bien expliqué à FranceInfo que "ce livre est une occasion d’amener le secteur à s'interroger, sans culpabiliser". Ici, on sent la prudence.

L’approche belge compte, pour sa part, interpeller le monde politique, et faire des recommandations. Sans modification structurelle organisée, il y peu de chance que les choses changent uniquement en s’appuyant sur les bonnes volontés. Pour aller dans ce sens, la publication des récents baromètres de la diversité et de l’égalité par le CSA belge démontre qu’il n’y a eu pratiquement aucune évolution en 5 ans.

Les femmes toujours lésées dans les médias

Les minorités visibles sont toujours assignées à résidence dans des rôles stéréotypés et sous-représentées. Ce que dénonce ce collectif de comédiennes noires pour le cinéma concerne d’autres domaines. C’est dans l’information et dans les magazines-documentaires qu’il y a le moins de diversité des origines en Belgique. Les personnes issues de la diversité sont le plus souvent associées au sport, à l’expérience vécue, au ressenti et à l’univers du jeu, rarement, comme expert ou leader d’opinion. Un peu comme les comédiennes noires à qui on ne propose pas de vrais rôles.

Le bon exemple suédois

Le syndicat suédois des acteurs a élaboré une liste de vérification comportant des questions sur la manière de garantir l’égalité des genres depuis la planification des répétitions jusqu’aux méthodes de travail, en passant par la distribution des rôles, les costumes, le maquillage, le marketing, etc. Ce qui suggère que, sans politique active de correction, on ne peut espérer que peu de changement.

La force du système de répartition des tâches dans la société entre les deux sexes est bien ancrée dans les mentalités, que ce soit au théâtre ou ailleurs. Si on ne met rien en place, ce système conférera toujours l’avantage aux hommes comme cela a été théorisé par de nombreux intellectuels.

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