Nethys : Liège si loin de Namur

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

On va donc voir ce qu’on va voir ! Enodia (ex-Publifin) et Nethys ont une semaine pour répondre aux questions précises du ministre de tutelle. Mais depuis bientôt trois ans que dure cette saga politico-financière, on est déjà en droit de se demander de quoi sera fait le prochain épisode de ce feuilleton. Que va-t-on encore découvrir ?

Entre soi

Le ministre Dermagne pose des questions précises sur la volonté de cession de plusieurs actifs détenus par Nethys, et plus précisément les sociétés VOO (télécoms), Win (support informatique) et Elicio (éolien essentiellement).

Ces cessions ont été gérées en toute opacité puisque la maison-mère, l’intercommunale Enodia ignorait les détails de ces opérations. Des biens publics sont en passe d’être privatisés sans que justement le public ne soit tenu au courant.

Nethys s’était engagé à céder ses activités concurrentielles. Les communes et la province de Liège, les actionnaires, n’ont pas été tenues au courant. Ou en tout cas, la plupart d’entre eux. Une question subsidiaire est venue s’ajouter : qui dans la classe politique liégeoise ou wallonne était au courant de ce qui se tramait en bord de Meuse ? Autrement dit : à quel niveau cette privatisation larvée entre Liégeois a-t-elle été organisée ? Un arrangement entre amis ?

Endémique

Depuis le déclenchement de cette affaire en décembre 2016, apparaît cette volonté liégeoise de régler la question localement, de contourner les règles et de ne pas voir la tutelle du gouvernement wallon s’en mêler. Au sein des partis et singulièrement au PS et au MR, il y a eu des tensions entre les Liégeois et les " autres ", en une espèce de réflexe principautaire.

Le microcosme politico-financier liégeois entend ne compter que sur lui-même, peu importent les conflits d’intérêts ou même parfois la légalité.

Depuis le début, les différents gouvernements wallons ont souvent laissé faire, se fiant de guerre lasse à des responsables liégeois qui tenaient à régler leurs problèmes entre eux.

La nouvelle équipe dirigeante wallonne à Namur ne peut plus tenir ce discours. Il en va de sa crédibilité même s’il convient de garder à l’esprit la légalité des démarches, l’intérêt des pouvoirs locaux et surtout l’emploi d’une région.

 

@PhWalkowiak

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