Nethys : le politique toujours en retard

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Nethys s’est donc invité à l’intronisation du nouveau gouvernement wallon ! Le nouvel exécutif ne disposait pas encore de la confiance formelle du Parlement que Stéphane Moreau et les siens perturbaient l’installation et occupaient l’essentiel de discussions dans et autour du Parlement de Wallonie à Namur.

Gouvernance et obscurité

L’opposition a parlé gouvernance. Le ministre-président Elio Di Rupo, dans sa réponse, n’en a pipé mot. Nethys, c’est comme Alésia pour Abraracourcix, cela n’existe pas ! Le nouveau gouvernement compte créer un nouvel élan, bâtir un avenir meilleur et le voilà englué dans les vieilles affaires. Le nouveau ministre de tutelle, Pierre-Yves Dermagne (PS), retrouve pratiquement le dossier là où il l’avait laissé en juillet 2017, quand les socialistes ont été envoyés dans l’opposition alors qu’il ferraillait déjà avec les structures intercommunales liégeoises.

Le management de Nethys a donc décidé de vendre les joyaux de sa couronne et le monde politique wallon découvre, paraît surpris. Des entreprises montées avec des capitaux publics vont être vendues, privatisées, sans que la tutelle publique, le propriétaire, n’en sache rien.

Le monde politique liégeois, PS et MR concernés au premier chef, est même étrangement silencieux.

Seule l’ex-chef de groupe ECOLO à la Chambre, Muriel Gerkens, à présent administratrice de Enodia (ex-Publifin) le reconnaît : la gestion du dossier Nethys est éminemment complexe.

Cela illustre aussi les limites du modèle des intercommunales où de simples conseillers communaux sont appelés à gérer de vastes ensembles économiques sans toujours disposer de toutes les compétences nécessaires, ce qui laisse de facto les mains libres au management.

Ancrage liégeois mais plus public

Cela fait plus de deux ans que le Parlement de Wallonie a exigé le départ de Stéphane Moreau qui n’aura finalement quitté que… le PS et le mayorat d' Ans ! Il organise même les cessions des actifs concurrentiels vers… lui-même, au nom de la défense de l’emploi en région liégeoise qui n’aura plus rien de public, mais géré depuis le Rhode Island.

Stéphane Moreau sait faire jouer la carte sensible : les 400 emplois du call-center maintenus à Herstal, la commune du nouvel homme fort du PS liégeois, Frédéric Daerden ou les 4000 emplois à créer autour de l’aéroport de Liège, le joyau de développement économique choyé par les familles politiques liégeoises.

Nethys n’hésite pas à l’affirmer : il se bat pour le bien public, il y aura de l’emploi pour Liège et de l’argent pour les actionnaires (les communes et la province). Charité bien ordonnée commence effectivement par soi-même et les autorités politiques de tutelle n’ont plus qu’à constater le fait accompli.

 

@PhWalkowiak

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