Nethys, le casse de l'écœurement

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

 

Hasard du calendrier. Dans l’affaire Nethys, des lampistes se retrouvent au tribunal le même jour où on apprend l’énorme indemnité que s’est octroyée le management sortant, Stéphane Moreau en tête. Ceux-là ont très bien ficelé juridiquement leur dossier et risquent bel et bien de ne jamais être sanctionné.

Petits poissons…

Tout est parti du menu fretin. Fin 2016, la presse révèle que l’intercommunale liégeoise Publifin (qui chapeaute Nethys, Resa, etc.) a mis sur pied des " comités de secteur ", un brol qui ne sert à rien mais qui permet de rétribuer une série de mandataires locaux. Cette pratique a longtemps été courante au sein du petit monde des intercommunales wallonnes principalement celles liées à l’énergie ; elle a été discrètement et progressivement abandonnée depuis 10 ans, sauf à Liège.

Cela permettait aux partis politiques de rétribuer leurs " petits " mandataires, souvent simples conseillers communaux ou provinciaux. A Liège, ce sont d’ailleurs les instances des partis qui se sont réparti ses mandats. On notera qu’aucun haut responsable du PS et du MR de la province de Liège n’a jamais été inquiété dans cette affaire, alors qu’ils étaient à la manœuvre.

… et gros requins

Dans le procès du jour, on retrouve toutefois sur le banc des accusés l’ex-député provincial Georges Pire, l’élément MR qui avec André Gilles (PS) et Dominique Drion (cdH) a réglé la mécanique Publifin-Nethys, l’un des parrains de Stéphane Moreau.

Depuis l’éclatement de l’affaire tout passe par l’ex-bourgmestre ex-socialiste d’Ans. Tant le parlement wallon dans ses recommandations que les présidents du PS, Elio Di Rupo que du MR, Olivier Chastel avaient demandé son départ immédiat. Liège a fait la sourde oreille.

En mai 2017, nous indiquions : A Liège, tant du côté de Willy Demeyer que de Jean-Claude Marcourt, on estime généralement que Stéphane Moreau demeure le manager compétent dont Nethys a besoin ; dans le même registre, la FGTB liégeoise a déjà menacé de "guerre sociale" si on touchait aux 3000 emplois autour de Nethys. Les PS et MR liégeois restent très prudents et n’ont enclenché aucune procédure efficiente. Le PS liégeois y ajoute même le paradoxe de soutenir un Stéphane Moreau exclu du parti et toujours bourgmestre d’Ans, avec le soutien des mandataires locaux ! Seule différence depuis : le PS liégeois a lâché le mandataire politique Moreau mais aura maintenu l’administrateur Moreau jusqu’au bout !

A Liège, beaucoup de " mains invisibles " échappent à leur responsabilité. Au PS et au MR, on préfère généralement regarder ailleurs, permettant ainsi à Stéphane Moreau et son entourage de dépecer Nethys avant de réaliser un " casse " sans précédent dans les structures publiques, de quoi décrédibiliser un peu plus l’ensemble de la classe politique. L’aveuglement de quelques-uns a déjà coûté et coûtera encore très cher à la démocratie.

 

@PhWalkowiak

Journal télévisé 13H

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