Nethys, jusqu'à la lie

Que se passe-t-il chez Nethys ? C’est à cette question simple que personne, personne aujourd’hui ne sait vraiment répondre. Sauf le quarteron de managers pas encore à la retraite dorée qui gèrent Nethys. D’après ce qu’on sait, après des révélations du Soir qui ont obligé les dirigeants à s'expliquer, Nethys procéderait à la privatisation de ses actifs concurrentiels dont le principal le distributeur "Voo".

D’après les infos récoltées par Le Soir, Stéphane Moreau met en place, grâce notamment à son ami entrepreneur François Fornieri, qui est administrateur de Nethys, une société qui reprendrait elle-même une partie des actifs de Nethys et dont il serait manager. Ça sent le conflit d’intérêts à plein nez. Réponse d’un des membres du comité de direction de Nethys ce matin dans le soir :

Stéphane a aussi le droit de reprendre une activité. On lui a proposé le monastère ce matin, il n’a pas accepté. 

Cynisme, opacité, entre-soi. Les trois éléments que l’on retrouve dans cette affaire depuis le début sont une nouvelle fois au menu de la saison 3. Puisque ça fait trois ans, quasiment trois ans que cela dure maintenant

Logique ?

C’est le gouvernement sortant lui-même qui, dans l’esprit de la commission d’enquête Publifin, a demandé à Nethys de se séparer des actifs concurrentiels. Il y avait des conditions. Entre autres, que les communes puissent revoir leur argent et que les activités et les emplois qui vont avec puissent être garantis à Liège. On verra si elles sont remplies. 

Quant au départ de Stéphane Moreau, là aussi exigé par la commission d’enquête, il est en train de l’organiser lui-même. Sous la pression mais tranquille, à ses conditions. En recréant un mini Nethys, mais entièrement à la main d’actionnaire privés.

Mal pris, le nouveau gouvernement

Comme depuis trois ans le gouvernement wallon est mal pris. Car Publifin/Nethys c’est une créature incontrôlable. Un Frankenstein né de la consanguinité du public et du privé à Liège. Le groupe a été construit à grand renfort d’avocats d’affaires et de financiers de haut vol pour capter l’argent des communes sans devoir rendre de comptes, le moins possible en tout cas.

 Depuis trois ans Stéphane Moreau sait qu’il est foutu. Mais il prend son temps, comme pour démontrer l’immense pouvoir qu’il s’était créé dans sa citadelle assiégée. Comme si condamné a boire la ciguë il faisait boire le calice au monde politique jusqu’à la lie. 

Cette très lente vengeance a laissé la Wallonie politique façon puzzle. Le nouveau gouvernement doit juste espérer qu’il ne lui faudra plus trois ans pour venir bout de la citadelle. Il doit aussi espérer qu'une fois conquise, la citadelle ne soit pas en ruine. 

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