Nethys : et maintenant, on fait quoi ?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Un simple communiqué pouvait suffire mais il fallait rendre l’instant solennel. La presse a donc été convoquée un dimanche midi pour entendre la lecture des décisions prises par le gouvernement dans l’" affaire " Nethys, tout en ne pouvant poser de questions. Pourquoi cette accélération subite ? Les dernières révélations sur Nethys avaient obscurci l’installation du tout nouveau gouvernement wallon. Ce dernier opère un sévère rappel à l’ordre.

Allô Liège ?

Cela fait deux ans qu’Elio Di Rupo souhaite le départ de Nethys de Stéphane Moreau… qui est toujours en place, malgré deux gouvernements wallons, deux majorités différentes malgré le PS " national ". Stéphane Moreau n’est plus membre du PS depuis belle lurette mais le MR et surtout le PS liégeois en ont fait un élément de la " solution à la liégeoise ". Faute d’un pôle économique public fort à Liège, se mettait en sous-main en place un pôle privé aux mains de Stéphane Moreau et ses amis. Au nez et à la barbe des administrateurs d’Enodia (ex-Publifin) ?

Le gouvernement Di Rupo a tenu à frapper vite et fort. Le CA de Nethys a démissionné, les ventes de VOO, Win et Elicio sont annulées mais Stéphane Moreau reste à ce jour dans le management et François Fornieri demeure le propriétaire " légal " de Win et Elicio qu’il vient tout juste d’acquérir. Tout cela risque de se terminer devant les tribunaux.

Gros dos

Pendant (trop ?) longtemps, le PS liégeois a laissé passer les orages. Devant les récriminations émises depuis Namur tant par le parlement de Wallonie que par les différents ministres de tutelle voire depuis le boulevard de l’Empereur, les socialistes de Liège réglaient le dossier à leur manière. Cette fois, les principaux leaders liés à la nébuleuse Nethys-Enodia ont été convoqués d’urgence au siège du parti à Bruxelles, pour une franche explication de texte. Le toujours président du Parti Socialiste les contraint à agir rapidement.

Il est encore trop tôt pour savoir si le PS liégeois, et son allié MR plutôt discret sur le coup, marchera comme la présidence du parti siffle désormais.

Au printemps 2017, beaucoup prédisaient le départ rapide de Stéphane Moreau. On connaît la suite. L’homme a de la ressource et des relais. Il en sait beaucoup sur les manœuvres et structures politico-financières mises en place depuis 25 ans. Son départ aura un prix.

La transition s’annonce passablement agitée et financièrement risquée. On l’oublie souvent : près de 3000 emplois sont en jeu ainsi que plus de trois milliards € d’actifs publics.

Le nouveau gouvernement wallon a accompli sa part du travail mais la saison 3 de Nethys n’en est très certainement qu’à ses premiers épisodes.

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK