Négociations fédérales: sauver les apparences

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

L’encéphalogramme politique fédéral demeure pratiquement plat mais il convient de s’acharner, de faire en sorte d’entretenir ce léger souffle. Le système institutionnel se meurt mais il faut poursuivre coûte que coûte. Entretenir l’illusion.

Qu’en-dira-t-on

Des informateurs sont chargés d’entretenir ces illusions. D’ailleurs, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte détiennent déjà le record de la plus longue mission d’information après des élections. Lors de la crise-record de 2010-2011, le Palais avait désigné un préformateur cinq semaines après le scrutin. Soyons de bon compte, cela n’a pas forcément mieux fonctionné.

A ce stade, la mission d’information ne fait qu’acter ce que chacun sait depuis le scrutin du 26 mai : de profondes divergences opposent les partis politiques et singulièrement le PS et la N-VA.

Le seul mérite des informateurs reste pour l’instant d’avoir mis sept partis (5N + 2F) autour d’une table pour constater leurs différences d’approche. De plus, PS et N-VA se sont rendus à ce rendez-vous plus en fonction du "qu’en-dira-t-on" que par conviction. Les deux principaux partis veulent éviter de porter la responsabilité de la crise ; cela reste leur principale motivation.

"Concilier l’inconciliable"

Le constat reste celui posé par Elio Di Rupo, préformateur en 2010 : concilier des points de vue inconciliables. Il n’y était pas arrivé, la N-VA ayant finalement claqué la porte.

Après l’intermède Michel, on remet le couvert en quelque sorte. La sixième réforme de l’état a empiré la situation et l’arithmétique électorale rend les solutions plus restreintes.

Le PS le répète : il ne voit pas ce qu’il peut avoir en commun avec la N-VA. Chez les nationalistes, on évite la question pour mieux constater in fine qu’il n’y aura effectivement rien en commun, l’acter et passer à une négociation sur le confédéralisme.

Plus personne ne parle de fédéralisme de participation, de coopération, etc. Autant de chimères oubliées.

Chacun ne fait que répéter les engagements pris pendant la campagne. On peut difficilement reprocher à des partis de vouloir respecter cela ; les deux partis viennent d’ailleurs d’être sanctionnés (le PS par le PTB, la N-VA par le VB) pour s’être par trop éloigné de leurs fondamentaux.

Ce blocage fédéral retarde la formation des gouvernements flamand et wallon.

Chacun peut à présent prendre un peu de vacances… On se reverra en septembre pour la suite. L’illusion "Belgique" passera l’été.

 

@PhWalkowiak

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