Naomi Musenge et le syndrome méditerranéen

Naomi Musenge et le syndrome méditerranéen.
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Naomi Musenge et le syndrome méditerranéen. - © Tous droits réservés

Naomi Musenga, une Strasbourgeoise de 22 ans, est morte le 29 décembre 2017, après avoir été moquée par une standardiste du Samu. La publication de l'enregistrement de la conversation entre les opératrices et la jeune femme fin avril 2018 a entraîne la suspension de la salariée et un tollé généralisé.

Cette histoire repose la question du sous-diagnostic dont sont l’objet les femmes noires. Sur twitter, les réactions ont été nombreuses. Les internautes considèrent que si la jeune femme avait possédé un nom à consonance européenne, son appel de détresse aurait été davantage pris au sérieux par les deux opératrices du SAMU qu'elle a eues en ligne. Le ton adopté par la première standardiste fait apparaître une forme de condescendance quand elle donne le nom de la jeune femme à sa collègue. L’opératrice  prononce Musenga en épelant avec un détachement qui tranche avec le cri de détresse et la voix meurtrie de la jeune femme. 

Le nom de la jeune femme aurait-il joué un rôle?

Le médecin et romancier Baptiste Beaulieu s’est exprimé dans l’Express sur cette affaire et abonde dans ce sens. Cette affaire met notamment en lumière une dérive surnommée le "syndrome méditerranéen", dit-il. Il ajoute que certains personnels soignants estiment que les personnes d'origine africaine ou maghrébine ont tendance à exagérer la manifestation de leurs symptômes, ce qui les conduit à ne pas entendre leur plainte. Il affirme en avoir été le témoin à plusieurs reprises au cours de sa carrière. C'est une forme de "racisme institutionnel", dit-il.  Une autre affaire avait défrayé la chronique aux Etats-Unis cette fois. Au début de cette année, Serena Williams, célèbre joueuse de tennis, raconte que malgré ses plaintes et ses symptômes, le personnel hospitalier l'a d'abord ignorée. Après avoir insisté, à plusieurs reprises, les médecins ont découvert de petits caillots de sang dans ses poumons. Elle aurait pu y passer.

Le sous-diagnostic concerne davantage les femmes noires

Ce récit a déclenché une polémique sur le taux élevé de la mortalité maternelle et des complications au moment de l'accouchement aux États-Unis, dont les femmes noires sont particulièrement victimes.  Le site d'investigation américain ProPublica a réalisé de nombreuses enquêtes sur la mortalité maternelle aux États-Unis. À New York, les femmes noires ont 12 fois plus de risques de mourir en couche ou de complications pendant la grossesse que les femmes blanches. À l'échelle des États-Unis, le facteur de risque est 243 % plus élevé. Pour revenir chez nous, signalons qu’UNIA forme aux compétences transculturelles dans les soins de santé pour rapprocher les points de vue des patients et du personnel soignant.

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