Namur, centre du monde (enfin... presque)

Quelle que ce soit l’issue du " bras-de-fer " engagé par la Wallonie sur le CETA, il n’en restera pas moins que cette dernière sera dorénavant plus facilement située par les différentes chancelleries européennes sur la carte des influences politiques.

La Wallonie à la table

Les discussions sur le CETA débouchent sur une situation inédite : un traité international, impliquant les 28 pays de l’Union Européenne et le Canada se retrouve négocié (pour partie) entre ce grand pays nord-américain et une région modeste d’Europe, certes démographiquement plus importante que l’Estonie ou la Slovénie, mais qui n’avait jamais guère pesé jusqu’ici.

En passant au-dessus de la Commission, des 27 pays de l’Union et du gouvernement fédéral de Charles Michel, la Wallonie aura modifié les rapports d’influence. Et le tour de force ne s’arrête pas là puisque l’Union lui a en quelque sorte laissé mandat pour ce faire. On se retrouve à un stade où c’est la Wallonie et le Canada qui seuls, en duo, mettent la dernière main à un traité transatlantique qui impliquera à terme 29 pays ! Le tout à Namur…

Calendrier

Paul Magnette fait part d’avancées significatives dans ses discussions avec la ministre canadienne du commerce international, sans que l’on sache finalement si c’est effectivement le cas.

Le ministre-président demande un report de la signature afin de permettre une renégociation mais la volonté d’aboutir existe. L’Union attend la fin des travaux du couple canado-wallon mais il semble peu probable que l’on remette la signature bien au-delà du 27 octobre, comme initialement prévu par les différents partenaires.

En cas d’échec, la Wallonie risque peu de choses… comme les Pays-Bas après avoir rejeté seuls un traité de libre-échange avec l’Ukraine. La crise sera bien plus au niveau des institutions européennes et de leur fonctionnement.

Pour l’instant, au fédéral, entre les tweets dévalorisants de Theo Francken, les velléités de coup de force de l’Open VLD ou les déclarations du Premier Ministre sur des Wallons radicalisés, on peste et enrage sur la place prise si rapidement par le Premier wallon. Cela risque de laisser des traces dans les relations belgo-belges mais à ce stade, c’est Paul Magnette ( plus que le PS, même) qui marque des points et les esprits.

 

@PhWalkowiak

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