N-VA : un atome de retard

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Vaille que vaille, Bart De Wever tente d’inverser la tendance. Celle qui voit son parti accumuler les contretemps depuis les élections communales d’octobre 2018.

En premier parti de l’opposition, la N-VA tente d’introduire un coin entre les sept formations d’une coalition fédérale hétéroclite et à la cohésion idéologique nébuleuse. C’est de bonne guerre. Mais le parti rencontre bien des difficultés à renouer un fil perdu.

Nucléaire

Avec la fermeture des centrales nucléaires, l’opposition tient un " bon " thème de confrontation avec l’exécutif en place. Bart De Wever ne pouvait que s’y engouffrer et de proposer illico, une majorité alternative prolongeant le nucléaire au-delà de 2025, comme le prévoit une loi que l’accord de majorité fédérale a confirmée.

Il est vrai que sur la question, il y a du " tangage " parmi les partenaires fédéraux. Poussés notamment par les milieux patronaux, Engie ou la peur de la facture, certains libéraux penchent pour une prolongation à tout le moins partielle, les socialistes restent prudents. Même dans les milieux environnementaux, des mises en garde fleurissent et pas n’importe lesquelles : le climatologue Jean-Pascal van Ypersele constate que le maintien d’une part de nucléaire permettrait à la Belgique de ne pas voir ses émissions de CO2 exploser.

Malgré un contexte global favorable, la proposition de De Wever fait pourtant pschitt.

Isoler la N-VA

Qui est Bart De Wever dans ce dossier ?, a aussitôt retoqué le ministre Vandenbroucke, le Premier ministre Alexander De Croo confirmant l’option. Il n’en reste pas moins que la coalition fédérale marche sur des œufs dans ce dossier. C’est en fait l’ensemble de la classe politique qui y joue sa crédibilité. En 2003, à reculons et pour " faire plaisir " aux écologistes, la coalition arc-en-ciel de Guy Verhofstadt votait la sortie du nucléaire pour 2015. Ensuite, rien n’a été entrepris pour rencontrer cet objectif, reporté plusieurs fois, illustration supplémentaire d’une classe politique incapable de voir plus loin que le terme d’une législature.

Cette fois, il y a à nouveau une ambition et même une ambition multiple : sortir du nucléaire, diminuer les émissions de CO2 et agir en faveur du climat. Une gageure. Le gouvernement se donne un an pour cadrer cette ambition. Personne ne le dit ouvertement dans la majorité, mais la seule solution sera de maintenir deux centrales nucléaires et investir dans un approvisionnement électrique qui sera dans un premier temps " plus polluant ". Les écologistes devront l’accepter mais les autres devront faire leur deuil du nucléaire pour le moyen et le long terme et consentir les investissements indispensables, tant au niveau politique que financier.

C’est le prix d’une transition énergétique aussi nécessaire qu’ambitieuse. L’équilibre est fragile et l’approvisionnement électrique incertain. La décision politique aussi.

 

@PhWalkowiak

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