N-VA en zone de turbulences

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Jusqu’en septembre, tout allait bien. Les sondages plaçaient les nationalistes largement en tête. Les politiques gouvernementales flamandes et fédérales paraissaient sur des rails. La N-VA avait clairement fait le choix de placer les thématiques identitaires et de sécurité en bonne place, Theo Francken labourait la campagne avec la question migratoire, pourtant bien éloignée des préoccupations communales.

Le grain de sable Schild en Vrienden 

Les élections communales et provinciales devaient servir de marchepied pour le triple scrutin du 26 mai 2019.

Et puis est arrivée l’émission de la VRT sur le groupuscule nationaliste et identitaire de Schild en Vrienden. A ce moment précis, il y a eu du tiraillement au sein du parti entre, notamment, Theo Francken qui se montrait plutôt indulgent avec ces jeunes et Bart De Wever contraint à agir vite. Le président de la N-VA s’est retrouvé à devoir épurer ses listes de divers racistes et autres extrémistes. Pas de quoi rassurer l’électeur centriste… ou celui du Vlaams Belang. Bart De Wever a été forcé de sortir son parti d’une certaine ambiguïté, et souvent dans ces cas-là, c’est à ses dépens. Le CD&V a gardé ses bastions et le Vlaams Belang a siphonné une partie significative de l’électorat N-VA.

Migration

Depuis que le parti de Bart De Wever a été contraint de mettre en sourdine ses revendications indépendantistes, il a surtout mis l’accent sur la sécurité et la lutte contre l’immigration " illégale " avec Jan Jambon et Theo Francken en figures de proue. La N-VA s’est transformée en parti populiste, sécuritaire et identitaire, masquant ses origines nationalistes.

Son coup d’arrêt électoral la contraint à marquer le coup sur ses thèmes de prédilection. Alors que ses services, comme ceux de Geert Bourgeois, ont été associés à définir la position des " gouvernements belges " sur le Pacte onusien sur la migration, Theo Francken se doit de mettre le halte-là. Charles Michel maintient la trajectoire initiale, la N-VA joue l’apaisement et ne semble pas décidée à faire tomber l’exécutif fédéral. Mais les nationalistes ne transigeront pas ; la Belgique risque de vivre dans l’ambiguïté jusqu’à la prochaine majorité.

Et à ce propos, Bart De Wever semble ne pas vouloir " insulter l’avenir " en négociant pour Anvers une coalition inédite avec libéraux et … socialistes. Pour nombre de commentateurs, il est tentant d’y voir une éventuelle préfiguration du futur gouvernement flamand.

On n’en est pas encore là, mais du côté des nationalistes flamands, apparaît désormais la volonté de garder prudemment plusieurs fers au feu.

 

@PhWalkowiak

Soir Première 20/11/2018

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