MR et N-VA: une crise pour des intérêts communs

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Sur le plan migration, le blocage persiste. A la Chambre, interrogé pour la troisième semaine de suite, Charles Michel ne peut se limiter qu’à répéter des généralités sur le sujet : Humaine car compatible avec les règles de l'humanité et du droit international. Ferme, parce que nous n'acceptons pas d'angélisme ou de laxisme. Il faut des frontières surveillées et des partenariats avec les autres pays.

Le disque rayé du " ferme mais humain ". Faute de mieux ou faute de cohérence dans la majorité fédérale.

Engagements internationaux

Le 27 septembre, le Premier Ministre a été très clair sur le sujet devant l’assemblée générale de l’ONU : Mon pays signera à Marrakech en décembre le pacte global pour la migration. Mais la N-VA, par l’entremise de son chef de groupe l’a rappelé ce jeudi à la Chambre : Si le texte n'est en outre pas contraignant, je suggère que nous évitions de gaspiller du CO2 en nous rendant à Marrakech pour participer au cirque des signatures. Pas question de signer donc. Les nationalistes ont aussi rappelé que Le premier ministre est le chef du gouvernement. Il ne peut agir qu'au nom de la totalité des partis de la majorité. Voilà Charles Michel averti et prié de trouver une solution.

La N-VA rappelle aussi que la Belgique doit tenir compte de la position de l’Autriche, de la Hongrie, de la République Tchèque sur la question. Toutes les autres formations (Vlaams Belang ou PP exceptés) voient d’un mauvais œil de se retrouver en telle compagnie au niveau européen.

Rapport de force

A la Chambre, 90% des représentants francophones et 60% des néerlandophones soutiennent la signature de ce Pacte. Allemagne et France restent également dans le même registre. Mais la N-VA ne se prive pas de le rappeler, elle est la clé de voûte de la majorité fédérale. Elle retrouve également l’un de ses rôles préférés : seul contre tous, le " bon peuple " opposé à " l’establishment gauchiste " (dont feraient alors partie les libéraux), les frontières fermées face au multilatéralisme, le chacun chez soi contre la coopération européenne. La N-VA a vu le 14 octobre une partie significative de son électorat filer (retourner ?) au Vlaams Belang.

De son côté, le MR a trouvé ici une réelle opportunité de se défaire de l’image de paillasson (© Knack) de la N-VA. Eux aussi, les libéraux ont tiré les leçons du scrutin : image de Charles Michel troublée par sa proximité avec les thèses de la N-VA et bilan sociétal jugé trop maigre par l’électorat francophone.

Suite à cela, on a assisté à une contre-offensive des bleus où le chef de groupe assure que le gouvernement signera le Pacte. Charles Michel rappelle son bilan social et économique et n’affirme plus que la Belgique signera, jouant ainsi son rôle de Premier Ministre, au-dessus des partis.

Chacun se profile. A quelques mois de trois scrutins cruciaux, c’est de bonne guerre. Reste l’essentiel : quelle sera la position de la Belgique le 11 décembre à Marrakech ?

 

@PhWalkowiak

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