MR et N-VA: fumet de crise, rue de la Loi

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le gouvernement fédéral va-t-il s’offrir une crise, in extremis, juste avant de basculer en affaires courantes ou plutôt anticiper celles-ci ?

La Pacte sur la Migration offre en tout cas à chacun des partenaires de pouvoir se profiler, après avoir tiré les leçons notamment des élections communales et provinciales.

L’ombre du Belang

Confirmant les sondages, le Vlaams Belang effectue son retour dans le paysage politique flamand. Au détriment arithmétique de la N-VA. Deux exemples, sur base des élections provinciales qui correspondent aux circonscriptions des législatives :

  • en province d’Anvers, par rapport aux élections de 2014, la N-VA passe de 39,4% à 32,8%  (-7,4%), le VB grimpe de 7% à 14,2%, (+7,2%),
  •  en Flandre Occidentale la N-VA passe de 28,5% à 19,5% ( -9%) ; le VB passe de 4,7% à 14,1% (+9,4%).

Le transfert est flagrant et similaire dans toute la Flandre. Cela explique que bien qu’ayant approuvé toutes les étapes menant à l’approbation du Pacte par toutes les autorités belges (Francken, Jambon, Bourgeois notamment), la N-VA décide d’opérer une volte-face. Et tant pis pour la cohésion gouvernementale ou l’image du Premier Ministre.

Respect mutuel

Si la N-VA a des soucis à sa droite, le MR n’a de véritables ressources qu’à sa gauche. L’état-major libéral a aussi tiré des leçons de son échec aux communales du 14 octobre : pas assez proche de certaines préoccupations sociétales (climat, mobilité, migration, …) et une image de parti " marionnette " de la N-VA.

Pour Charles Michel et les siens, c’est l’offense de trop. Le Premier maintiendra le cap fixé devant l’Assemblée Générale de l’ONU, et les quelques éléments juridiques complémentaires annoncés en séance plénière de la Chambre mercredi dernier, déjà rangés au rayon des accessoires rhétoriques.

Puisque les nationalistes persistent, quelle est désormais la marge de manœuvre des trois autres formations de la coalition et singulièrement du chef de gouvernement ?

Sur le plan politique, une chute de l'équipe Michel paraît difficilement praticable et l’aval devant l’assemblée de l’ONU n’aura lieu que fin décembre.

Avant cela, Charles Michel doit poser un geste le 10 décembre à Marrakech. Il ne peut plus faire marche arrière, mais le Pacte a l’ " avantage " de ne pas être contraignant. Theo Francken pourra garder le cap actuel jusqu’ à la dissolution des Chambres, mi-avril. La N-VA devra assumer face aux lazzis du Vlaams Belang et c’est toute la fin de législature qui sera crispante pour les partenaires fédéraux.

 

@PhWalkowiak

 

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