MR, des bleus et des coups

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

 

Le MR repart en campagne. Interne ou intestine. Georges-Louis Bouchez et Denis Ducarme continueront à vouloir montrer ce qui les distingue tout en répétant la bouche en cœur que rien ne le sépare, alors que tout désormais les oppose. Les couteaux tirés risquent de remplacer les fleurets mouchetés et personne n’incarne plus dans ce parti l’autorité tutélaire qui pourrait calmer tout le monde.

Véritable exercice démocratique…

Le Mouvement Réformateur se livre à un exercice que les autres formations ont pris bien soin d’éviter. Toutes les autres formations francophones changent de présidence cette année (Prévot au cdH, Nollet-Maouane chez ECOLO, Magnette au PS, bientôt DéFI). Au MR, avec les départs européens (Chastel-Michel-Reynders) et le renoncement des ministres (Borsus, Crucke, etc.) l’évidence de la succession ne sautait à l’inverse pas aux yeux. Aux militants de trancher ce nœud. Louable mais dangereux. 14.000 des 24.000 militants " officiels " ont renvoyé leur bulletin de vote. Le deuxième tour déterminera notamment le degré d’implication active de ces militants. Denis Ducarme espère y trouver de quoi alimenter une " remontada " que bien peu lui accorde.

… à hauts risques

Faute de ligne politique différente, Bouchez et Ducarme risquent de devoir se trouver des divergences. Tous les deux " fans de Francken ", ils incarnent une ligne libérale conservatrice marquée plus à droite que les trois battus du premier tour. Qui reprendra le message plus social, proche des préoccupations climatiques, urbaines des Defraigne-Goffin-Barzin ?

Tant Georges-Louis Bouchez que Denis Ducarme apparaissent également plutôt clivants au sein de leur propre formation politique. Question de style. La jouer " consensuel " semble un rôle contre-nature pour les deux derniers prétendants. Mais c’est le propre d’un président de rassembler, de la base aux barons mais aussi d’incarner une ligne politique. Délicat exercice d’équilibriste.

Denis Ducarme reproche à Georges-Louis Bouchez le soutien des cadres ; à l’inverse, le second estime que le premier entonne un refrain populiste quand il oppose la base à l’appareil.

Dernier paradoxe : Denis Ducarme (46 ans) a fait toute sa carrière dans l’appareil parfois en même temps que son père ex-président, là où Georges-Louis Bouchez (33 ans) a souvent bataillé avec les cadres de son parti pour affirmer son ambition.

Pendant ce temps, la voix du MR reste très peu audible au niveau des négociations fédérales. Charles Michel (toujours président !) a subrepticement quitté le navire, reniant ses engagements de l’été. Le MR ne sera de retour sur la scène fédérale qu’en décembre. Des coups risquent encore de se perdre en coulisses.

 

@PhWalkowiak

Les invités de Matin Première : Denis Ducarme et George-Louis Bouchez

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