MR: d'affaires courantes en affaires courantes

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Une seule députée vous manque et le Parlement est dépeuplé…

Gouverner avec un seul député de majorité s’avère donc bien aussi casse-g…  que de gouverner avec des nationalistes. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir été prévenu mais il est vrai que le MR n’a pas eu d’autre choix, il en paie aujourd’hui la facture.

Deux gouvernements bayent désormais aux corneilles, en attendant les scrutins du 26 mai. Comme la Chambre en décembre, le Parlement Wallon a suspendu ses travaux, le temps de trouver un nouveau mode de fonctionnement.

La proposition que l’on ne refuse pas

Quand le 19 juin 2017, Benoît Lutgen retire la prise des trois gouvernements à participation cdH, le Mouvement Réformateur est pris de court mais ne peut refuser le fauteuil de ministre-président wallon que le Bastognard lui offre sur un plateau d’argent. Déjà, à ce moment, Olivier Chastel n’est pas enthousiaste, mais cela ne se refuse pas.

L’opération ne réussit qu’à Namur et d’emblée elle s’avère à haut risque. Un siège de majorité, disait-on à l’été 2017, cela ouvre la porte à tous les chantages, à l’expression dangereuse des frustrations.

C’est exactement ce qui vient de se passer : une députée incolore pendant la législature, déçue de la place qu’on lui offre sur les futures listes électorales, fait faux bond. Et c’est toute une majorité qui chancelle, un gouvernement qui vacille, une région menacée d’immobilisme politique.

Et maintenant?

Le MR a fait des paris. Celle d’une alliance avec des nationalistes devenus essentiellement populistes et identitaires en cours de route. Cela a permis de former la coalition la plus à droite depuis la guerre mais aussi de donner un coup de barre libéral à la gestion du pays.

En acceptant de diriger un gouvernement ultra-minoritaire dans l’opinion publique censée lui apporter son suffrage, Charles Michel a pris un risque pour lui et les siens que l’on a pu déjà mesurer lors des élections communales et provinciales et qui sera à nouveau étalonné le 26 mai prochain. Charles Michel assume. Il est d’ailleurs désormais seul aux commandes de sa formation comme de ce qui reste de gouvernement fédéral.

Le gouvernement wallon allait de toute façon être en roue libre dans un peu plus de deux semaines, juste avant les vacances de Pâques prélude à la dernière ligne droite avant les élections. Il risque de devoir acter qu’une série de réformes, marqueurs de l’action du MR, ne pourront être mise en œuvre.

La campagne électorale sera simplement plus longue que prévu, avec tous les risques que cela comporte pour les principaux protagonistes.

@PhWalkowiak

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