Menace d'attentats : "Il faut remettre de l'ordre dans les messages", dit Charles Picqué

Menace d'attentats : il faut "remettre de l'ordre dans les messages", dit Charles Picqué
Menace d'attentats : il faut "remettre de l'ordre dans les messages", dit Charles Picqué - © Tous droits réservés

Le bourgmestre de Saint-Gilles s'est montré "perplexe" ce soir durant l'interview de "Jeudi en Prime". "Ceux qui ont les renseignements nous disent qu'on peut baisser la menace", explique Charles Picqué (PS). "Mais ce niveau 3 n'est pas si clair que cela, car cela signifie que la menace est toujours présente." L'OCAM, l'organe d'analyse de la menace a annoncé en fin d'après-midi qu'elle baissait son niveau d'alerte. "Nous devons encore avoir différentes réunions pour comprendre", ajoute l'ancien ministre-président de la région bruxelloise. Selon lui, on est face à  "une crise du renseignement". Le Conseil régional de sécurité, regroupant notamment les 19 bourgmestres bruxellois, se réunit demain matin.

Une crise du renseignement

Depuis près d'un an, les bourgmestres de certaines communes et les chefs de corps des zones de police concernées reçoivent de l'OCAM une liste de personnes présumées radicalisées, actualisée tous les deux mois environ. Comme la RTBF l'a expliqué aujourd'hui, les noms des fugitifs et kamikazes des attentats de Paris figuraient sur cette liste. "C'est une des questions centrales, explique Charles Picqué : Qui peut disposer de ces informations? Les bourgmestres veulent y avoir accès". L'actuel président du parlement bruxellois estime qu'il faut davantage de collaboration entre les différents niveaux de pouvoir, complémentaires selon lui, car "nous traversons une crise du renseignement." Or, le renseignement local est "essentiel".

Pas des "ghettos", mais des "regroupements affinitaires"

La presse étrangère a présenté Molenbeek comme un "nid de terroristes", un "Molenbeekistan". Le socialiste trouve le terme "ghetto" trop excessif pour qualifier certains quartiers bruxellois. Charles Picqué explique qu'il y a des "regroupements affinitaires" où les gens se regroupent entre soi. "Il y a un paysage qui permet plus facilement le camouflage. Quand vous avez une population plus bigarrée, il y a moins de loi du silence."

Investir

Pour Charles Picqué, il faut à présent miser sur deux axes. "Investir tout d'abord dans le renseignement" mais aussi dans la police, explique-t-il. "Que demandent les bourgmestres ? Plus de moyens au fédéral ! Or, le gouvernement fédéral a réduit de 2% les dotations aux communes." Pour le bourgmestre de Saint-Gilles, il faut être ferme contre "les dérives des fondamentalistes", mais il faut aussi investir dans les politiques de prévention. Les évènements actuels "doivent nous faire prendre conscience de ce qui reste à faire", conclut Charles Picqué.

Regardez l'intégralité de l'interview ci-dessous:

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