Mission : convertir la N-VA aux dépenses sociales

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La partie de poker se poursuit. Après le cdH, le SP.A vient de poser ses cartes. Il s’agit toujours de former un véritable gouvernement fédéral. 403 jours après les élections. Défense de rire. Quoiqu'avec la catastrophe budgétaire qui s’annonce, cela constitue peut-être une dernière occasion.

Rousseau à la manœuvre

Les deux jeunes présidents Bouchez (MR) et Rousseau (SP.A) ont mis en scène sur les réseaux sociaux leur rencontre, dont on retiendra au passage la petite phrase du leader socialiste sur son aîné : Il n’a pas toujours été sympa avec moi, mais ce pays se perd en balivernes. Je veux des solutions et je veux parler.

L’essentiel réside bien entendu ailleurs. Sur le contenu, les socialistes flamands avancent des éléments très concrets… et très sociaux, un peu comme le cdH quelques jours plus tôt. Or, sans ces deux-là, aussi petits soient-ils, point de majorité à 76, sans les socialistes francophones mais avec la N-VA.

Au vu de leur poids respectif, cdH et SP.A ont placé la barre très haut. Ils se savent indispensables et l’idée de venir en complément de la dernière majorité fédérale, qui a de plus encaissé une très lourde défaite électorale (- 22 sièges, du jamais vu) ne les enthousiasme guère plus que ça. Mais il est important de se montrer constructif, d’être du côté de la solution et surtout éviter de récupérer ce " valet puant " d’empêcheur de gouvernement.

Bouchez à la manœuvre

Le président socialiste a déposé une note en dix points où se retrouvent une hausse substantielle de moyens à allouer à la Sécurité Sociale et au personnel soignant, une plus grande contribution fiscale des grands capitaux et des multinationales et une fiscalité verte.

Le président du MR a officiellement reçu seul son homologue socialiste. Cette note doit à présent être examinée par la triplette de présidents avant, idéalement, d’être présentée à la N-VA. Comme pour la note cdH, cela risque de provoquer de l’urticaire chez les nationalistes où on ne jure que par les réductions budgétaires et le désengagement de l’Etat. Et à ce stade, on n’a pas encore parlé migration. Convertir la N-VA s’annonce compliqué (euphémisme). La liste des demandes de Bart De Wever se fait d'ailleurs toujours attendre.

Mais à ce stade, l’essentiel n’est pas là. La partie de poker menteur se joue au bluff, les postures des uns et des autres demeurent bien plus importantes que le contenu d’un programme gouvernemental qui reste à négocier.

La majorité à 76 (libéraux, chrétiens-démocrates, socialistes et nationalistes flamands) reste un projet hasardeux et fragile. Sans même parler du déni de représentation francophone, le MR et le cdH se souviennent des affres de la " majorité Potigny " en Wallonie. Sans compter ici, les immenses défis budgétaires qui s’annoncent.

La fin de la partie de poker menteur approche. Majorité 76 ? La minorité majoritaire ? Elections ?

Faites vos jeux !

 

@PhWalkowiak

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