Mignonne, allons voir si le Coquelicot

Migonne, allons voir si le Coquelicot
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L’idée lancée par Jean-Marc Nollet d’un gouvernement coquelicot PS-Ecolo soutenu par le cdH depuis l’opposition a donc vécu. Le coquelicot est envoyé dans les roses par le cdH. Destin tragique pour ce coquelicot qui s’est d’abord pris pour une rose de Ronsard.

 

Mignonne allons voir si le coquelicot

Qui ce matin avait déclot

Sa robe de pourpre au soleil,

A point perdu ceste vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vostre pareil.

Or, ce matin on est dans du Malherbe.

Mais elle était du monde, où les plus belles choses

Ont le pire destin,

Et coquelicot elle a vécu ce que vivent les coquelicots,

L’espace d’un matin.

 

Je vous l’accorde c’est plus joli avec des roses. Reste que l’idée de Jean-Marc Nollet n’a pas vécu plus que l’espace d’un matin. La réaction du cdH a été claire : c’est non.

Le cdH veut bien ponctuellement apporter son soutien depuis l’opposition, mais n’envisage pas de structurellement apporter son soutien à un gouvernement minoritaire, quel qu’il soit, afin que des partis tiers mènent une politique qui ne serait pas conforme à notre projet avec un chèque en blanc.

Voilà, c’est fini…

Le retour du dîner de cons

Y croyait-il vraiment Jean-Marc Nollet en lançant cette petite idée hier ? Difficile de sonder l’âme de nos élus. Mais en tout cas comme pour le dîner de con du PTB, on peut remarquer qu’Ecolo et le PS n’ont pas vraiment travaillé la piste en profondeur avec le cdH. Le coquelicot avait tout du ballon d’essai par médias interposés et surtout tardif. L’ouverture à la société civile était une manière de rendre un peu plus compliqué le refus du cdH. Mais c’était peu crédible car le cdH a pris la direction de l’opposition il y a déjà une semaine après notamment avoir été envoyé dans les roses à Bruxelles. En particulier par Ecolo. Plusieurs cdH ont pris comme un signal le refus d’Ecolo d’adapter le règlement du parlement afin que le cdH puisse encore constituer un groupe politique.

Le dernier espoir pour le coquelicot est de compter sur la sécession d’au moins trois députés humanistes, de tabler sur l’effondrement du parti. C’est un pari très risqué. Et s’il réussit, il ne faudra plus parler de coquelicot mais de coalition des "Borgias", composée de traîtres.

On peut en conclure que la manœuvre n’avait sans doute pas comme but premier de réussir.

C’était quoi le but alors ?

Raconter une histoire. Celle que je vous raconte depuis trois semaines déjà… Pour le PS et Ecolo, il s’agit de biffer toutes les coalitions possibles, en partant de la préférable pour faire accepter la plus détestable. Montrer qu’on a entendu le message de l’électeur qui a massivement voté à gauche.

Il s’agit de démontrer que gouverner avec le MR c’est ce qu’il reste quand on a tout essayé. Il faut raconter cette histoire que l’arc-en-ciel PS-MR-Ecolo ou la violette PS-MR est la coalition par défaut. Parce que le PTB et le cdH ne veulent pas du pouvoir. Il faudra donc y aller en se pinçant le nez et affronter les militants pour leur expliquer. Surtout chez Ecolo qui risque là aussi d’envoyer ses cadres sur les roses…

On y revient aux roses et aux poèmes. Au fond, cette formation de gouvernement n’a rien de Ronsard ni de Malherbe. Elle tient plus de Spleen de Baudelaire pour la gauche: 

Et de listes de coalitions, sans tambours ni musique,

Défilent lentement dans mon âme ; la gauche,

Vaincue, pleure, et la droite atroce, despotique,

Sur la Wallonie inclinée plante son drapeau bleu.

 

Excusez-moi il n’y a pas de rime riche en politique. Un drapeau bleu sur la Wallonie. Car PS et Ecolo doivent assumer. Sauf revirement spectaculaire du PTB et du cdH, sauf traîtrise de certains députés, il n’y a plus de moyen d’éviter les libéraux aujourd’hui.


 

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