Mathot ou le boomerang de l'immunité

Le PS liégeois à nouveau ébranlé par les affaires.

Après la déferlante Publifin et le pied-de-Nez(thys) permanent aux autorités politiques wallonnes, voilà le bourgmestre de la 7ème ville wallonne définitivement (?) sur la touche pour une affaire de corruption. Si les socialistes, tant liégeois qu’à la tête du parti, ont pris bien soin de laisser l’affaire à son seul champ serésien, la mise en cause pour corruption d’Alain Mathot pose aussi la question de la gestion de ce dossier par le PS.

Une vieille affaire

Alain Mathot a été inculpé en novembre 2011 du chef de faux en écritures, d’organisation criminelle, de corruption, de blanchiment, d’abus de biens sociaux, d ’escroquerie et d’infractions relatives aux enchères publiques … rien que ça. Yvan Mayeur, André Gilles ou Didier Donfut ont été sanctionnés par le parti sans même être inculpés. On pourra s’étonner de la clémence du boulevard de l’Empereur pour Alain Mathot.

Le député-bourgmestre de Seraing constituait visiblement un élément intangible de l’équilibre politique liégeois avec Willy Demeyer, André Gilles, Jean-Claude Marcourt, Stéphane Moreau et Frédéric Daerden. Avec les affaires Publifin et maintenant Intradel, cet ensemble a volé en éclats.

Pour ne pas avoir voulu anticiper les problèmes, le PS liégeois paraît à nouveau éparpillé façon puzzle.

Immunité à double tranchant

En mars 2015, la Justice liégeoise transmet le dossier Mathot à la Chambre qui est amenée à se prononcer sur la levée de son immunité pour des faits de corruption lié à la construction d’un incinérateur de déchets pour l’intercommunale Intradel. En mars 2016, la Chambre estime qu’il n’y pas lieu de lever cette immunité mais le rapport  estime  qu’une  non-levée  de  l’immunité  parlementaire  ne  doit  pas  nécessairement  signifier  qu’il  est fait obstacle au cours de la justice: le parquet peut poursuivre son instruction et déposer par la suite une nouvelle demande de levée de l’immunité parlementaire auprès de la Chambre. La Justice liégeoise n’a pas jugé bon de réitérer une demande.

Certes, Alain Mathot ne tenait pas à voir son immunité levée mais il faut sans doute plutôt chercher la raison de la non-levée dans un dossier liégeois mal ficelé que dans un complot ourdi depuis Anvers. 

Politiquement, Alain Mathot a de toute façon perdu la partie ; la corruption est désormais une vérité judiciaire. L’immunité s’est retournée contre lui. Le PS n'a pas voulu/su anticiper cette situation. Il en porte donc également la responsabilité.

@PhWalkowiak

 

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