Mais pourquoi donc PS et N-VA devraient-ils s'entendre ?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Quand la presse n’a rien à se mettre sous la dent, elle suppute. Dernier exercice en date, puisque les négociations n’ont pas encore commencé : une alliance PS-N-VA est-elle possible ? Alors que les principaux intéressés ont toujours déclaré que la chose était impossible. Mais chacun sait que la politique belge est faite de réalisations d’impossibles, de " coalitions contre-nature ", etc.

Coalition FEB

Quelques jours après le scrutin, Pieter Timmermans, administrateur délégué la FEB, posait un constat clair : "PS et N-VA doivent s’entendre".

Comme il apparaît depuis, le Parti Socialiste sent qu’un piège se referme. Le parti voulait gouverner le " plus à gauche possible " et se retrouve avec le MR et la N-VA dans les pieds ! Pieter Timmermans concédait que la mise sur place d’une telle coalition prendrait du temps. A présent, c’est bel et bien cette impossible coalition FEB qui est sur la table, au grand dam des principaux intéressés. Au PS comme à la N-VA, on peine à trouver des convergences. Les socialistes veulent bien écouter mais expriment des difficultés à discuter, alors que les nationalistes se disent prêts à discuter… en mettant d’office le confédéralisme sur la table !

On connaît des entrées en matière plus constructives…

Quel intérêt ?

Mais que diable, iraient faire  PS et N-VA, dans cette galère fédérale ? Sachant de plus que le budget dérape déjà de près de 10 milliards € et que de nouvelles économies seront au menu…

La seule réponse suggérée jusqu’ici de la FEB aux informateurs en passant par les patrons ou des observateurs avisés et inquiets : parce que c’est la seule possible, la seule à assurer une majorité dans chaque groupe linguistique. Un peu court comme programme de gouvernement, on en conviendra.

PS et N-VA sortent sanctionnés du dernier scrutin. Généralement, il leur est reproché de ne pas avoir tenu (ou trop peu) leurs engagements. Pour le PS, d’avoir assumé pendant 15 ans une politique " libérale " et pour la N-VA, d’avoir été trop laxiste, d’être un parti de pouvoir et pas de rupture.

Ce n’est pas en s’alliant qu’ils corrigeront ces impressions. Par ailleurs, si on peut prêter au PS un certain sens de l’intérêt de l’état, du pays comme le répète Elio Di Rupo, la N-VA a fait de la disparition de Ce Pays, l’article premier de ses statuts !

Ces partis ont pris des engagements auprès des citoyens-électeurs, ont fait de certaines mesures des priorités absolues. Au nom de quoi devraient-ils y renoncer, agir en sens inverse ? Au risque de nourrir encore plus l’antipolitisme, d’engraisser le Vlaams Belang ou le PTB ?

 

Le système belge reste ainsi conçu : les institutions fonctionnent par consensus mais rien n’est prévu s’il n’y a pas de consensus. On y est.

 

@PhWalkowiak

 

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