Magnette persiste, signe et joue la dramatisation

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Il n’y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, affirme la sagesse populaire. Pendant des années, le PS n’a eu de cesse de critiquer la N-VA qui lui a bien rendu la pareille. Après les élections, les socialistes ont répété sur tous les tons qu’ils ne pourraient gouverner avec les nationalistes flamands. Ceux-ci ont mis sur la table des revendications (nucléaire, migration, régionalisation, etc.) sur laquelle une majorité aurait été impossible, qualifiant les Francophones d’électeurs passifs qu’il faut financer à coups de milliards flamands ou raillant Paul Magnette qui avait le goût de sa bouillie arc-en-ciel en bouche qu’il faudra beaucoup de dentifrice flamand pour se laver la bouche.

Pression sur le CD & V

Le PS avait beau répéter qu’il ne voyait pas comment former un gouvernement avec la N-VA, il y avait toujours en Flandre (et parfois du côté du MR) quelqu’un pour entretenir la flamme. Puisque cela négociait, un accord demeurait possible entre les deux principaux partis. Pourtant, on n’a jamais entendu un seul socialiste susurrer que cela serait éventuellement possible. Les missions des informateurs successifs n’ont fait qu’entériner ce constat : impossible d’allier PS et N-VA.

En confiant une mission à Koen Geens, le Palais voulait que toutes les options restent ouvertes. Le vice-premier CD & V s’est vu recadrer par son propre parti : seule l’option PS-N-VA devait être prise en considération. En répétant que c’est impossible, Paul Magnette torpille définitivement (?) le rêve du CD & V.

Et maintenant ?

Je ne ferai rien pour provoquer des élections, affirme le président du PS tout en envisageant cette possibilité. Sans doute, estime-t-il, que son parti a plus à perdre à renoncer à ses engagements que de s’allier à la N-VA. Ses adversaires ne manqueront pas de présenter cela comme un renoncement aux intérêts supérieurs de la Nation. Le PS doit porter la responsabilité de la crise et d’un hypothétique retour aux urnes.

Le PS pourra toujours rappeler que le " jamais avec la N-VA " de Charles Michel n’a guère porté chance à sa formation. Après avoir proclamé pendant des mois, " jamais avec la N-VA " le PS ne peut plus, tant vis-à-vis de sa base que de ses électeurs, changer subitement d’avis.

Lundi, Koen Geens devra dire au Palais qu’il a échoué dans la mission… que son parti lui a donnée. Il restera au Roi à envisager la suite. Répéter qu’il faut allier PS et N-VA serait contre-productif. Le CD & V ne lâchera pas la N-VA aussi facilement.

La piste d’élections anticipées n’est pas encore mûre ; cela reste l’extrême-option. De toute façon, même pour un retour aux urnes, il faut trouver une majorité ! Qui va entériner la faillite des institutions ? Qui peut garantir que la solution naîtra d’un nouveau scrutin ?

Il faut passer à autre chose. Mais quoi ?

@PhWalkowiak

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