Magnette, informateur ou un faux formateur?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

L’information est finalement passée inaperçue : jamais dans l’histoire politique belge, pourtant passablement agitée, remplie de surprises ou de pataquès, le pays n’est resté aussi longtemps après un scrutin sans que même un formateur ne soit désigné. De toute façon, la Belgique en est déjà à son plus grand vide de pouvoir effectif, après la crise des 541 jours de 2010-11.

Question de mots

Mais finalement tout ceci a-t-il encore bien un sens ? Là où le Palais, époque Albert II, multipliait les rimes en -teur à chaque changement de missi dominici, il reste cette fois fixé sur l’objectif ultime : doter le pays d’un gouvernement fédéral. Et à ce titre, Paul Magnette a déjà dépassé les strictes attributions d’un informateur en dégageant des lignes de force susceptibles de réunir une majorité. La formation a commencé, mais chut ! il ne faut surtout pas le dire de peur de cabrer définitivement la N-VA, d’effrayer un CD&V en campagne interne voire une certaine partie du MR qui tient à voir les nationalistes à bord.

Mine de rien, Paul Magnette a déposé un programme de gouvernement ou ce qui pourrait en tenir lieu. L’informateur prend simplement soin de ne pas l’intituler de la sorte et encore moins de le chiffrer.

Concessions socialistes

Malgré de nombreuses touches " progressistes ", cette note n’est pas seulement d’inspiration socialiste.

Le président du PS s’avance et renonce, sans le dire, à quelques engagements de campagne de son parti : pas de retour à la pension à 65 ans, de remise en cause du taxshift, de la réforme de l’impôt des sociétés, des flexijobs, des accises, etc.  Véritablement de quoi faciliter le (futur) travail de critique du PTB ! Mais aussi amadouer l’ Open VLD qui a entrepris une lente opération de " déscotchage " de la N-VA qui joue la tragédie de la trahison à la cause flamande. Avec la sortie confirmée du nucléaire, une autre approche de la migration, le renforcement de la Sécurité Sociale, la hausse des minimas sociaux, le remise en cause des voitures-salaires, l’enseignement bilingue à Bruxelles ou l’absence de toute velléité de confédéralisme, la mise hors-jeu de la N-VA s’organise.

Paul Magnette travaille-t-il pour autant pour un futur Premier libéral flamand ?

La partie reste très serrée. Une majorité reprenant socialistes, libéraux et écologistes ne pèse " que " 76 sièges sur 150 à la Chambre et (trop?) peu en Flandre (30 sur les 89 élus néerlandophones).

Y adjoindre le CD&V (12 députés) demeure une option. Reste à en convaincre les principaux intéressés …

@PhWalkowiak

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