Magnette, en attendant De Wever

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les libéraux flamands au milieu de la cible. En Flandre, la droite hurle au complot anti-flamand. En cause ? Une simple réunion tenue par l’informateur désigné par le Roi avec des partenaires potentiels en vue de former (peut-être, éventuellement, à la rigueur, si-on-peut-pas-faire-autrement) un gouvernement fédéral. Sept mois après les élections, un an après la chute du précédent. Mais un crime de lèse-Flandre pour la N-VA et le CD & V, bien incapables par ailleurs de proposer une alternative.

De Wever

Il apparaît tout d’abord clairement que Paul Magnette a endossé un costume de formateur. Mais peu importe l’étiquette, l’objectif importe plus que l’intitulé.

La N-VA reste marquée par son relatif échec électoral, son président désorienté. Bart De Wever, désormais le plus ancien président de parti du paysage politique belge (depuis 2004) cherche toujours sa stratégie. Cela ne lui ressemble pas. Après les mamours de l’été avec le Vlaams Belang, Bart De Wever a reconduit la majorité flamande sortante, en renonçant à la diriger comme il s’y était engagé et surtout en y imposant une forte marque identitaire, à donner des regrets au Vlaams Belang. Trop contents de regoûter au pouvoir, Open VLD et CD & V ont avalé la couleuvre. Reste l’échelon fédéral où la N-VA est piégée : elle ne peut pas y retourner sans une sérieuse dose de confédéralisme, un sévère tour de vis migratoire et un libéralisme économique confirmé. Vlaams Belang oblige. Côté francophone, seul le MR pourrait éventuellement jouer dans cette pièce. Trop court arithmétiquement d’autant plus que les libéraux francophones viennent d’encaisser leur plus sérieuse défaite électorale depuis 30 ans, après avoir validé un gouvernement de droite.

Un petit tour et puis s’en va

A ce stade, Bart De Wever (et son allié CD & V qui semble avoir oublié les affres et déboires que son cartel avec les nationalistes lui a procurés) a beau jeu de se prétendre exclu.

L’Open VLD est divisé entre arc-en-ciel (Rutten, Somers, De Clercq) et paars-geel (Van Quickenborne, Lachaert et plus discrètement De Croo), soit choisir entre les écologistes et les nationalistes.

Le PS défendait une alliance progressiste, le Palais l’a pris au mot et chargé Paul Magnette de démontrer que c’était possible. Le président socialiste en esquisse déjà les contours. Il reste malgré tout au PS à faire passer l’idée de ce qu’il dénonçait il y a peu : un gouvernement fédéral ultra-minoritaire dans l’une des communautés. Comme gage du respect de l’expression démocratique, il y a mieux !

Face à cela, le Roi n’aura d’autre choix d’ici peu, que de prouver l’on a sérieusement essayé de constituer une coalition fédérale disposant d’une majorité en Flandre. Une seule possibilité : confier une mission à Bart De Wever. Seul bémol, son programme politique ne penche pas pour une solution aux problèmes belges si ce n’est entériner le blocage et passer au démantèlement du pays, pudiquement appelé confédéralisme auquel tous seraient alors conviés.

 

@PhWalkowiak

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