Listes électorales: où sont les femmes ?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

C’est l’heure où généralement les listes électorales se bouclent. A ce jour, on connaît pratiquement toutes les personnes qui se trouvent aux places éligibles. Notre système électoral mâtiné d’un certain conformisme dans l’isoloir d’une part et des résultats des dernières élections provinciales et des sondages d’autre part, font que 80 à 90% des futurs élus sont pratiquement déjà connus.

Machos

Côté flamand tout semble bouclé tandis qu’au sud du pays il reste quelques " trous " dans les castings électoraux.

Un premier élément au niveau des têtes de liste : les femmes sont rares, surtout au Mouvement Réformateur et au Parti Socialiste. Les deux principaux partis, ceux qui envoient paradoxalement le plus de députés dans les parlements sont les plus machos !

A la Chambre, le MR n’a aucune tête de liste féminine, le PS une seule, la toute jeune Melissa Hanus (26) dans le Luxembourg, là où cdH et Ecolo en compteront trois sur les six circonscriptions francophones.

De plus, le PS en Hainaut arrive à ne placer qu’une seule femme dans les cinq premières places ! C’est d’ailleurs une obligation légale. Derrière Elio Di Rupo, on retrouve l’échevine tournaisienne Ludivine Dedonder suivie de trois députés sortants[1] à qui semble-t-il il fallait garantir une place en vue et une réélection grâce notamment aux voix du " pot commun " des votes en case de tête.

Pour les deux formations, la situation n’est pas plus brillante à la Région Wallonne : trois têtes de liste bleues[2] sur onze circonscriptions et une seule rouge[3] sur dix (le PS namurois se divise entre Jean-Charles Luperto et Eliane Tillieux et n’arrive pas à trancher). Ecolo comptera quatre femmes têtes de liste au moins (la tête de liste verviétoise vient de se retirer) et le cdH trois.

Prime aux sortants

Les partis, surtout les mieux implantés, évitent de prendre des risques et placent généralement les mandataires les plus populaires, implantés depuis longtemps aux avant-postes. Cela souffre quelques exceptions : pour la tête de liste en Hainaut en remplacement d’Olivier Chastel a préféré Denis Ducarme (15.142 voix en 2014) à Marie-Christine Marghem (21.088), par exemple.

Le plus souvent, on garde les mêmes, les partis privilégient l’ancrage local, les bourgmestres ou échevins. C’est aussi une conséquence du cumul où on retrouvera cette fois des têtes de liste qui annoncent qu’elles ne siègeront pas, des bourgmestres qui devront renoncer (en Wallonie) ou d’autres qui cumuleront (à l’Europe et au fédéral).

La parité homme/femme sur les listes électorales n’existe que depuis 2002, la présence féminine n’est obligatoire que depuis 1994. Les femmes constituent certes la majorité du corps électoral … et les hommes la majorité de la représentation parlementaire et ministérielle. Les règles divergent selon les niveaux de pouvoir.

Malgré les déclarations de bonnes intentions, le conservatisme prévaut. Dans certains milieux plus que d'autres ...

 

@PhWalkowiak

 

 

[1] Hugues Bayet , député européen et bourgmestre à la 3ème , Patrick Prévot député wallon à la 4ème , Eric Thiébaut député fédéral et bourgmestre à la 5ème.

 

[2] Les sortantes Jacqueline Galant (Mons), Valérie De Bue (BW), Caroline Cassart (Huy).

 

[3] La députée wallonne sortante Joëlle Kapompole, tête de liste pour la première fois.

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