Lire l'avenir dans le muguet

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

"La voix des travailleurs"… le slogan du Parti socialiste pour ce 1er mai avait des allures ptbistes ou, diront les mauvaises langues, du Parti socialiste d’avant… d’avant qu’il apparaisse comme un parti gestionnaire.

Convaincre (à nouveau) la base

La mauvaise passe actuelle du PS, contrairement à ce qui peut se dire, n’est pas due à la seule affaire Publifin.

En 2010, les socialistes récoltaient encore 37,6% des voix en Wallonie pour 32% lors du dernier scrutin, 25,4% dans notre baromètre diffusé fin novembre, juste avant le scandale Publifin et donc 20,3% des intentions de vote wallonnes en mars.

Il est clair également que le PTB a bénéficié de cet important glissement de terrain électoral.

S’il veut arrêter l’hémorragie, le PS doit "simplement" retrouver les siens. C’est parfois plus difficile que de dénicher des nouveaux électeurs.

Et le président du parti d’annoncer une batterie de mesures sociales mais aussi une série de rendez-vous avec les militants.

Convaincre au-delà de 2018

Au MR, on s’est déjà officiellement placé dans l’optique des élections communales d’octobre… 2018 ! Surtout, cette élection ne précédera que de quelques mois, les élections fédérales et régionales qui apparaîtront pour les libéraux comme le bulletin du premier Premier ministre libéral francophone depuis 80 ans. Là aussi, les libéraux doivent convaincre qu’ils sont dans le bon et au social des socialistes, répond le fiscal des libéraux. Plus d’avantages sociaux pour les uns, plus d’avantages fiscaux pour les autres.

Au MR, on a aussi compris qu’avec l’affaiblissement du PS la place de "numéro un" en Wallonie était accessible, même avec un tassement dans les intentions de vote comme le montre tous les sondages. Dans ce cas de figure, le Mouvement Réformateur aurait la main pour tenter de constituer des majorités.

En ce 1er mai, entre un PTB qui espère capitaliser (sic) sur son succès actuel et PS et MR qui ont déjà le regard tourné vers les prochaines échéances mais qui peinent à convaincre, le parfum du muguet avait bien plus qu’une légère touche électorale.

@PhWalkowiak

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