"Les Visiteurs, la Révolution": une bonne guillotine ?

Jean Reno et Christian Clavier dans les Visiteurs 3
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Jean Reno et Christian Clavier dans les Visiteurs 3 - © DR

18 ans après "Les Visiteurs 2" (et 15 ans après le flop du remake "Les Visiteurs en Amérique"), Christian Clavier et le réalisateur Jean-Marie Poiré se retrouvent pour ajouter un troisième volet à la saga…

Revoilà donc le chevalier Godefroid de Montmirail (Jean Reno) et son fidèle serviteur Jacquouille la Fripouille coincés en pleine Terreur, lorsque Robespierre et ses alliés coupent les têtes des aristocrates. Le duo se retrouve pris en tenaille entre les nobles en fuite et les révolutionnaires…

L’idée de Clavier de placer l’action des "Visiteurs 3" pendant la Révolution française se révèle assez rapidement une fausse bonne idée. Primo, parce que le contraste Moyen-âge/époque contemporaine, si efficace dans le premier film, s’évanouit au profit d’un choc Moyen âge/Révolution nettement moins probant. Secundo, Clavier ne tarde pas à se noyer dans un déluge de références d’une période sans doute parmi les plus complexes de l’Histoire de France. Il multiplie  les personnages secondaires et les intrigues parallèles, mais rien n’y fait : le film devient terriblement verbeux et, de ce fait, très ennuyeux… Un comble pour une comédie!

Et comme s’il se rendait compte des problèmes de rythme de son intrigue poussive, Clavier acteur joue encore plus survolté que d’habitude, ce qui devient très vite insupportable. Bref, ces "Visiteurs 3" méritent une bonne guillotine. Gaumont a-t-elle conscience du ratage ? Toujours est-il que la vénérable maison de production a choisi de ne pas montrer le film à la presse (pour info, nous l’avons vu lors d’une avant-première mardi soir…)

A bigger splash

En 1969, Jacques Deray sort "La piscine", thriller sensuel avec, en vedette, le couple Alain Delon/Romy Schneider, épaulé par Maurice Ronet et la toute jeune Jane Birkin. Un couple passe des vacances lascives dans le Sud de la France, lorsque l’ancien compagnon de la femme vient s’incruster dans leur intimité…

Le réalisateur italien Luca Guadagnino (remarqué par "Amore" avec Tilda Swinton) propose aujourd’hui un remake de "La Piscine" avec un casting inattendu : le couple Matthias Schoenaerts/Tilda Swinton, rejoint par Ralph Fiennes et Dakota "Fifty shades of grey" Johnson.

Guadagnino multiplie les "trouvailles" de son cru : ainsi, Swinton incarne ici une rock star qui se repose d’une opération des cordes vocales, et qui reste muette pendant tout le film. Il transpose l’action en Sicile, à Pantelleria, avec en toile de fond le drame des migrants qui tentent leur visa pour l’Europe en débarquant sur cette petite île. Ces ajouts, voulus originaux, n’ont aucun intérêt, et détournent le spectateur de l’intrigue principale. Guadagnino, à force de faire son intéressant, semble oublier ses personnages, et les acteurs se démènent dans le vide pour tenter de les faire exister. Exempt de tension et de sensualité, "A bigger splash" est la caricature du film "auteuriste", "arty", creux et snob.

Rosalie Blum

Pour son premier film en tant que réalisateur, le scénariste Julien Rappeneau, fils de Jean-Paul, adapte une bande dessinée de Camille Jourdy. Soit l’histoire de Vincent, coiffeur dans une petite ville de province, célibataire étouffé par sa vieille mère possessive, qui est bouleversé par la rencontre avec une épicière nommé Rosalie Blum… Où a-t-il donc déjà vu cette femme ? Pour le savoir, Vincent va se mettre à suivre cette femme tel un détective amateur…

Oscillant entre un humour fantasque et un mystère teinté de mélancolie, "Rosalie Blum" ose un ton plus retenu que la majorité des comédies françaises mettant en scène des jeunes célibataires en mal d’amour. Kyan Khojandi (issu de la capsule "Bref" sur Canal +), Noémie Lvovksky et Anémone jouent la note juste, sans forcer. "Rosalie Blum" est un petit film délicat… Rien d’inoubliable, certes, mais en cette semaine de disette, c’est mieux que rien.

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