"Les Schtroumpfs et le village perdu", un salutaire retour aux origines

Les Schtroumpfs et le village perdu
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Les Schtroumpfs et le village perdu - © DR

Les petits lutins bleus ont conquis le cinéma avec les films "Les Schtroumpfs 1 et 2" en 2011 et 2013, dans lesquels le studio Sony Animation les envoyait d’abord à New York, ensuite à Paris… Les films, mélange d’animation en images de synthèse et de prises de vues réelles avec des acteurs (Hank Azaria grimé en sorcier Gargamel), constituaient une trahison à peu près totale de l’univers créé par Peyo… Autant dire qu’on n’espérait plus grand-chose de ce troisième film, "Les Schtroumpfs et le village perdu".

Et là, miracle: ce nouveau film n’est pas une suite, mais un reboot, autrement dit un nouveau départ. Le producteur Jordan Kerner a pris deux excellentes initiatives: primo, réaliser cette fois un film 100% en animation d’images de synthèse, sans prises de vues réelles, et secundo, revenir à l’esprit des albums originels de Peyo.

C’est ainsi que "Les Schtroumpfs et le village perdu" s’intéresse à la Schtroumpfette; au début du film, la pauvre créature s’interroge sur sa différence, elle sait qu’elle a été façonnée par Gargamel et se demande comment assumer cette identité. Elle va entraîner trois Schtroumpfs (le Schtroumpf à lunettes, le costaud et le maladroit) dans un grand périple à la découverte d’un autre village Schtroumpf. Pour les enfants, le film fonctionne comme une belle aventure trépidante parsemée de gags souvent très réussis. Les parents, eux, pourront savourer le film comme une madeleine de Proust, car les animateurs américains ont tellement respecté le graphisme de Peyo qu’on retrouve plein de références à des albums mythiques.

C’est bien simple: avec "Astérix, Mission Cléopâtre" d’Alain Chabat" et "Tintin et le secret de la licorne" de Spielberg, "Les Schtroumpfs et le village perdu" s’impose comme une des adaptations les plus fidèles et les plus réussies d’un classique de la BD franco-belge.

Pris de court

Virginie Efira incarne Nathalie, une joaillère mère de deux enfants qui monte à Paris où un poste mirobolant l’attend. Hélas, sitôt arrivée dans la capitale, elle doit déchanter ; elle apprend par un coup de fil que son futur patron a choisi une autre candidate… C’est un coup dur pour elle, mais pour éviter d’inquiéter ses enfants, Nathalie décide de faire comme si de rien n’était, et fait semblant de partir chaque matin au travail. Mais son fils aîné se doute de quelque chose, se rebelle contre elle et, presque par défi, se lance à la sortie du lycée dans des trafics illicites…

La réalisatrice Emmanuelle Cuau réussit bien à camper ses différents personnages, et sa direction d’acteurs est pertinente. Par contre, quand le film doit basculer dans le polar, elle n’a plus les moyens de sa politique ; sa réalisation est plate et manque de rythme et de nervosité pour faire monter son intrigue en puissance et tenir en haleine le spectateur… Dommage. Reste que le film prouve que Virginie Efira, avec beaucoup de clairvoyance, cherche à désormais élargir sa palette dans ses choix d’actrice. C’est tout à son honneur.

Ghost in the shell

Pour les amateurs de science-fiction, l’adaptation du manga en dessin animé, qui date de 1995, est devenue un véritable classique. "Ghost in the shell" raconte le destin d’une jeune femme accidentée dont le cerveau a été greffé dans une enveloppe charnelle fabriquée de toutes pièces. Major est donc mi-femme mi-robot : elle allie intelligence humaine et invincibilité de la machine…

Aujourd’hui l’adaptation en film "live" de "Ghost in the shell", qui bénéficie de la plastique de Scarlett Johansson, est un projet qui arrive vingt ans trop tard. Car les thèmes que le film exploite sont devenus éculés, la vision futuriste des métropoles a du plomb dans l’aile (comme s’il fallait toujours copier "Blade runner" avec ses ambiances bleutées et ses éclairages au néon), et le scénario enchaîne les clichés, au premier degré, sans se poser de questions. Parmi les clichés, le rôle de la scientifique de service tenu par… Juliette Binoche ! Eh oui, l’actrice française ne peut pas se contenter de tourner chez Assayas et Bruno Dumont, elle doit aussi cachetonner dans les films pop-corn hollywoodiens si elle veut rester au top – commercialement s’entend…

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