"Les promesses n'engagent que ceux qui y croient"

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les élections auront lieu dans 111 jours très exactement. Tous les partis entrent progressivement en campagne électorale et affinent leurs propositions.

Promesses

 Les promesses n'engagent que ceux qui y croient répétait Jacques Chirac, ou version 50’s les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent selon Henri Queuille (1884-1970) président du Conseil, corrézien lui aussi, auteur également de La politique n’est pas l’art de résoudre les problèmes mais de faire taire ceux qui les posent ou il n’est aucun problème en politique qu’une absence de solution ne puisse résoudre … un connaisseur.

Ces propos prennent forcément un écho tout particulier en ce début de campagne électorale, même si chez nous cette fois, on va tenter de faire le tri entre les promesses plus ou moins sérieuses des uns et des autres.

C'est en effet une nouvelle exigence légale... le très sérieux Bureau du Plan va chiffrer les programmes électoraux des partis qui se présentent aux élections.

Plan

Cette loi fait suite à une polémique apparue lors de la précédente campagne électorale en 2014 : le MR proposait alors une réforme fiscale que les libéraux chiffraient à 5 milliards, que nenni ripostaient ensuite des experts de la KUL ou du PS, cela coûtera au moins 15 milliards... polémiques, querelles, chacun maintenait son point de vue. Impossible finalement pour le citoyen-électeur d'y voir clair.

Du coup, on avait voté juste avant les élections, une loi qui enjoignait au Bureau du Plan de chiffrer tous les programmes électoraux

Mais comme bien souvent avec ces " lois de circonstances ", mal réfléchie, le Bureau du Plan a rapidement fait savoir qu’il lui serait impossible de tout calculer.Il a demandé d'avoir un cadre strict, sans changement profond des institutions. Pas question de chiffrer le coût d’une refédéralisation ou de la pollution atmosphérique. Finalement, chaque parti avait jusqu'au 1er février pour présenter maximum 5 mesures précises à faire chiffrer. Quelques exemples : le MR propose l'extension des titres-services à la garde d'enfants, le PS de taxer les grosses fortunes, etc.

Le Bureau du Plan se donne jusqu'au 26 avril pour refaire tous les calculs et demander d’éventuelles précisions.

Pour le citoyen-électeur, cela pourrait en théorie permettre, en fonction des partis qui seront au pouvoir, de savoir ce qui constituera la politique du prochain gouvernement fédéral.

Mais si chacun aura à cœur de mettre en œuvre l'une ou l'autre mesure, chez nous, les gouvernements sont des coalitions et donc un parti ne peut jamais réaliser tout ce qu'il promet.

Et puis, il y a tout ce qui ne se dit pas en campagne électorale … comme les exclusions du chômage sous le gouvernement Di Rupo ou la pension à 67 ans ou la hausse de la TVA sur l'électricité du gouvernement Michel.

Se dégage deux temps très distincts : avant et après le jour du scrutin. La réalité rattrape toujours les promesses... des promesses qui n'engageraient donc finalement bien que ceux qui y croient.

 

@PhWalkowiak

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