"Les pépites", un documentaire qui porte bien son nom

Une scène extraite du film "Les pépites"
Une scène extraite du film "Les pépites" - © DR

Le nom de Christian des Pallières reste inconnu du grand public. Et pourtant, c’est un vrai héros d’aujourd’hui. Avec sa femme Marie-France, il a créé l’ONG "Pour un sourire d’enfant" qui a sauvé de la misère plus de 10 000 enfants au Cambodge. Le documentaire  "Les pépites" raconte son extraordinaire aventure.

Au début des années 90, Christian des Pallières approche de la soixantaine et va prendre sa préretraite. Ses quatre enfants sont grands, avec eux et sa femme, il a bourlingué toute sa vie au volant d’un minibus pour découvrir le monde. C’est alors que cet esprit curieux et généreux découvre une réalité terrible au Cambodge : des centaines d’enfants obligés de recueillir des restes de nourriture dans une décharge en banlieue de Phnom Penh. Illico, il décide de vendre ce qu’il possède en France pour bâtir au cœur de la décharge une paillotte, où il crée une petite école pour les enfants… C’est le début d’une initiative qui va prendre des proportions énormes : au fil des ans, l’ONG "Pour un sourire d’enfant" va multiplier les investissements, les bâtiments et le personnel enseignant pour sortir des milliers de petits Cambodgiens de leurs conditions de vie déplorable.

Le documentaire réalisé par Xavier de Lauzanne retrace cette aventure avec brio. Parce que Christian des Pallières a lui-même filmé en amateur les débuts de son travail au Cambodge, qu’il a interviewé les enfants qu’il accueillait. 25 ans plus tard, de Lauzanne a retrouvé lesdits enfants, qui racontent leur parcours de vie… C’est passionnant et émouvant. Et puis, il y a la personnalité de des Pallières : modeste, plein d’humour, et surtout, merveilleusement clairvoyant, car il n’y a aucun paternalisme ni prosélytisme dans sa démarche, juste la volonté d’aider les Cambodgiens à s’en sortir par eux-mêmes. Émouvant et passionnant, "Les pépites" mérite bien son titre.

Moi, Daniel Blake

Daniel Blake, menuisier de 59 ans, victime d’un infarctus, a été mis en arrêt de travail par son médecin. Mais les services sociaux le pressent de s’inscrire comme demandeur d’emploi, sous peine de perdre ses allocations de chômage… Voilà Daniel perdu dans les arcanes absurdes d’une administration complexe et déshumanisée…

Le propos du nouveau film de Ken Loach est limpide : le cinéaste d’extrême-gauche veut dénoncer la cruauté du gouvernement conservateur, son mépris des petites gens, son absence de solidarité. Mais, sans doute à cause de son scénariste Paul Laverty, l’ami Ken a cette fois la main lourde. "Moi, Daniel Blake" n’évite ni le manichéisme – c’est le gentil prolétaire contre les méchants fonctionnaires – ni l’angélisme – Daniel est forcément paré de toutes les qualités, c’est un working class hero généreux et chevaleresque -.

A 80 ans, plus militant que jamais, Loach fait passer le message politique à l’avant-plan, gommant les nuances psychologiques, les portraits en demi-teinte qui faisaient le charme de ses grands films. Que "Moi, Daniel Blake" lui ait permis de décrocher une 2ème Palme d’Or reste un mystère… Peut-être que le jury cannois a voulu couronner, plus qu’un film, l’engagement politique de toute une carrière.

Ma vie de courgette

"Courgette" est le surnom d’un petit garçon qui, à la mort de sa mère, est placé dans un foyer où il va tenter, tant bien que mal, de s’acclimater. Film réalisé en figurines animées image par image, "Ma vie de courgette" fait le pari d’évoquer un sujet grave avec la distance esthétique du cinéma d’animation. Pari intéressant, mais pas pleinement assumé : Claude Barras et sa scénariste Céline Sciamma restent un peu à la surface des choses, comme s’ils avaient un peu peur de l’âpreté de leur sujet. Dommage.

Sausage Party

On reste dans le cinéma d’animation, mais estampillé 100% pour adultes. Dans "Sausage party", Seth Rogen et sa bande (James Franco, Jonah Hill…) imaginent de donner vie à des produits de supermarchés : des saucisses rêvent de sortir de leur emballage pour vivre avec des délicieux petits pains… Ils imaginent que la sortie du magasin est leur salut, ils ignorent que ce sera leur massacre. Dialogues crus, humour irrespectueux, brocardant les religions de tous bords… C’est hyper trash, mais c’est souvent très drôle.

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