Les nouveaux travaux inutiles ?

Celui qui l'a achetée est d'accord pour vous la louer mais à ses conditions : le loyer sera très cher et vous devez signer... un bail de 30 ans. Vous allez sans doute dire non ? Et bien cela peut surprendre mais l'Etat belge lui a dit oui : ça s'appelle du "sale & lease back" ou "sale & rent back", traduisez : "vendez, puis devenez locataire de ce que vous avez vendu".

L'Etat a vendu des dizaines et des dizaines de ses bâtiments lors d'opérations de sale & rent back. Le plus souvent pour des raisons budgétaires : toutes ces ventes rapportent des recettes miraculeuses qui permettent d'avoir un budget à l'équilibre en fin d'année. Mais il y a un revers à la médaille : les loyers que l'Etat doit dorénavant payer pendant de nombreuses années. Cela se chiffre en milliards, juste pour pouvoir occuper des bâtiments qui auparavant lui appartenaient.

Evidemment, les sociétés privées qui achètent les bâtiments de l'Etat font de solides bénéfices.

Mais comment leur reprocher ? Ces sociétés fournissent un vrai service puisqu'elles vont entretenir et rénover tous ces immeubles. Et c'est peut-être là la deuxième raison pour laquelle on a vendu le patrimoine à tour de bras : en effet, l'Etat et sa Régie des bâtiments sont-ils encore capables d'entretenir les bâtiments qu'ils possèdent ? Au vu de notre enquête, on peut se poser la question : la Régie n'entretient plus certains bâtiments qui tombent en ruines.

Elle loue des lieux qu'elle n'occupe même pas. Elle lance des travaux qu'on interrompt en laissant les chantiers à l'abandon. Pire encore, elle rénove des casernes à grands frais et les laissent inoccupées. Tout ça sans parler des affaires de corruption qui ont secoué la Régie des bâtiments ces dernières années : 12 hauts fonctionnaires de la régie dont l'ancien directeur général sont tout simplement accusés d'avoir tronqué de gros marchés publics. Frank Istasse vous propose une double enquête qui a comme un parfum de travaux inutiles.

 

Pierre Marlet

 

"L'Etat vend-il ses bâtiments à perte ?"

"Y a-t-il quelque chose de pourri à la régie des bâtiments ?"

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