Les limites du système belge

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

 

Pendant qu’au cœur de l’été, l’opposition bruxelloise, des élus flamands et des observateurs grincheux raillent la désignation d’Olivier Maingain, il y a peut-être lieu de s’interroger sur la vision francophone de l’avenir institutionnel de Ce Pays.

En préliminaire, il faut rappeler qu’il existe déjà au sein de l’exécutif un " agent de liaison " entre les Bruxellois flamands et le gouvernement flamand, cela s’appelle un ministre des affaires bruxelloises. Sven Gatz (Open VLD) occupait ce rôle sous l’ancienne législature. Le poste existe depuis le siècle dernier et personne n’y a jamais trouvé à redire.

L’essentiel est ailleurs.

Bloqué

Le système institutionnel belge a été conçu dans une logique de " compromis ", né avec l’instauration du suffrage universel et des nécessaires coalitions gouvernementales. Des partis différents se mettaient d’accord sur un programme gouvernemental.

Le système a été conçu alors qu’il n’y avait que quatre ou cinq partis nationaux au Parlement, dont trois beaucoup plus importants que les autres. Aujourd’hui, la Chambre héberge 12 partis (un seul national) dont aucun ne dépasse 18% des sièges !

Si le système belge repose sur le compromis pour dégager une majorité et gouverner, rien n’est prévu en cas d’absence de compromis ! Le fonctionnement de la Belgique ne repose en fait que sur la bonne volonté.

Renier ses engagements

L’antipolitisme se nourrit des engagements non tenus. Après avoir été malmenés lors du scrutin, les partis " de gouvernement " sont incités çà et là à s’entendre et donc souvent à renier les engagements pris.

Pourquoi le PS entrerait au gouvernement sans changement, par exemple, sur la pension à 67 ans ? Pourquoi la N-VA gouvernerait et se chargerait de la mise en œuvre du Pacte sur les Migrations qu’elle a remballé par ailleurs ? Etc.

Le " sens de l’Etat " entend-on çà et là. Mais quel état ? Sans partis nationaux, avec un fonctionnement institutionnel aussi inefficace qu’incompréhensible, avec une large part de députés qui veulent sa fin, la Belgique est-elle encore en état d’être un État ??

Sur le plan institutionnel, l‘antienne préférée des Francophones a toujours été nous ne sommes demandeur de rien. Et de se faire imposer les six réformes successives.

Si le blocage persiste au niveau fédéral (et c’est bien parti), les partis francophones se doivent de préparer l’alternative, d’avancer des solutions (un fédéralisme à quatre régions ?).

C’est ce qu’on est en droit d’attendre d’une formation politique " responsable " et peut-être qu’effectivement accorder les violons wallons et bruxellois dans cette perspective n’est pas un luxe.

 

@PhWalkowiak

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