Les journalistes flamands, plutôt de droite ou de gauche ?

Les journalistes flamands sont-ils plutôt de droite ou de gauche ? Une récente étude de l’Université d’Anvers a tenté d’y voir plus clair.

On le sait, les journalistes sont souvent étiquetés par le public comme étant de gauche. Mais en Flandre, où la majorité de la population vote pour des partis de droite, on pourrait croire que cette tendance politique concerne également les journalistes. D’après l’enquête de l’Université d’Anvers, relayée par De Morgen et De Standaard, ce n’est toutefois pas vraiment le cas. L’étude en question a été menée par l’équipe du politologue Stefaan Walgrave auprès d’environ 150 journalistes politiques issus des différents médias flamands. Et il s’avère que les journalistes interrogés se positionnent eux-mêmes plutôt au centre gauche de l’échiquier.

Le public semble donc avoir raison quant à l’orientation politique des journalistes flamands. Les journalistes, eux, se tromperaient toutefois sur celle de leur public…

Apparemment ils situent leur public plus à droite qu’il ne l’est véritablement. L’enquête s’est en effet penchée sur certains dossiers qui symbolisent les divergences gauche-droite, comme par exemple la hausse des impôts sur les voitures de société ou encore l’arrêt des rapatriements de demandeurs d’asile vers des pays qui ne respectent pas les droits de l’homme. Les chercheurs ont interrogé près de 1.200 citoyens flamands sur ces sujets. Plus de 70% d’entre eux se sont dits favorables à des mesures considérées comme étant plutôt de gauche. Mais de leur côté, les journalistes sondés pensaient que seul la moitié de leur public approuvait ces idées.

Une idée reçue ?

Plusieurs raisons expliqueraient cette erreur d’estimation. Tout d’abord, on le sait, la N-VA est le plus grand parti de Flandre, et cette dominance politique constituerait pour beaucoup de journalistes un miroir de la société. Seulement voilà : donner sa voix à une formation politique ne signifie pas pour autant que l’électeur adhère à la totalité du programme de ce parti. Les nuances, selon les dossiers, passeraient donc inaperçues.

Sur les réseaux sociaux, les critiques que l’on trouve en bas des articles proviennent plus souvent d’internautes exprimant des idées de droite, une idéologie qui, selon le politologue de l’Université d’Anvers, aurait d’ailleurs tendance à davantage se faire entendre dans l’opinion publique, ce qui donnerait aux journalistes cette fausse impression.

L’étude de l’Université d’Anvers s’est également penchée sur l’idée que les journalistes se font de la place que leur média réserve aux partis politiques.

Pour la majorité des journalistes, c’est la N-VA qui est le mieux servie. Aux yeux des citoyens interrogés, c’est toutefois le CD & V qui bénéficie du traitement médiatique le plus avantageux. Des partis de droite ou de centre-droite, favorisés par des journalistes de centre-gauche, preuve sans doute d’une certaine objectivité journalistique.

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