Les guides touristiques se livrent à une guerre sans merci à Bruges

Les guides touristiques se livrent une guerre sans merci à Bruges
Les guides touristiques se livrent une guerre sans merci à Bruges - © Tous droits réservés

Des millions de touristes viennent chaque année visiter la Venise du Nord, ses célèbres canaux et son architecture sans pareille. Ces touristes viennent aussi dépenser leur argent, notamment pour une visite guidée. Depuis un certain temps déjà, les guides officiels s’en prennent ouvertement aux guides non certifiés.

Ces derniers offrent en effet leur service gratuitement, ou presque. Parapluie en main, ils proposent un tour de la ville, contre un simple pourboire que les visiteurs peuvent eux-mêmes établir. Il n'est donc pas nécessaire de réserver à l’avance. Le touriste est libre de suivre le guide à l’heure qui lui convient, et de quitter le groupe s’il s’ennuie. En somme, ce sont des conditions idéales qui attirent beaucoup de monde, et qui suscitent dans la foulée la frustration des guides professionnels. 

Contrairement aux guides auto-proclamés, les guides officiels ont tous suivi des cours du soir durant trois ans, et ont achevé leur formation par un travail de fin d’étude. Ils prennent leur métier très au sérieux et sont souvent de véritables encyclopédies ambulantes. Le problème est que leur statut n’est pas protégé. Parallèlement, comme la rue appartient à tout le monde, les guides gratuits ne font finalement rien d’illégal en proposant leur service. 

Actions sur le terrain

En signe de protestation, les guides officiels ont décidé de s'infiltrer dans des groupes de touristes, pour poser des questions compliquées aux guides, ou pour tenter de les embarrasser devant leurs clients. Après plusieurs épisodes d’intimidation, la situation s’est envenimée la semaine dernière, lorsqu’une jeune guide espagnole a carrément été physiquement agressée par un guide de la ville. Un incident que le président du Gidsenbond, l’Union des guides de Bruges, s’est empressé de condamner. 

Il s’agit finalement d’une forme d’"ubérisation" du secteur touristique. Les guides gratuits sont aujourd’hui présents un peu partout dans le monde. À Bruges, il s’agit souvent de jeunes étudiants qui travaillent comme freelance pour gagner un peu d’argent. Ils sont très présents sur les réseaux sociaux, et sont souvent recensés par des sites tels que Tripadvisor, ce qui leur permet d’atteindre de nombreux clients.

Contrairement aux guides traditionnels, ils misent davantage sur les petites anecdotes et le storytelling, ce qui a tendance à charmer des touristes qui, de nos jours, attendent plus que de simples faits historiques. Face à cette évolution, on peut se demander si les guides officiels sont voués à disparaître. D’après certains spécialistes il n’y a pas lieu de paniquer: il y aura toujours un public amateur de visites plus pointues, même si ce public a clairement tendance à se raréfier.

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