Les électeurs du Vlaams Belang sont-ils tous racistes?

800.000 citoyens et citoyennes du nord du pays ont coché la case Vlaams Belang le 26 mai dernier. Ces électeurs sont-ils pour autant tous racistes? La question taraude les esprits en Flandre. 

Elle a notamment été débattue lors de l’émission dominicale de la VRT et a fait l’objet de plusieurs colonnes dans la presse. Beaucoup s’entendent à dire que ce vote était avant tout un doigt d’honneur aux partis traditionnels. Mais l’image du Vlaams Belang y est aussi pour beaucoup.

Rappelez-vous, récemment je vous parlais de ces jeunes Flamands qui sont de plus en plus séduits par l’extrême droite parce que le parti n’est plus perçu comme raciste mais bien comme étant anti-establishment. Et c’est sans doute là la vraie victoire du président du Vlaams Belang qui a tout fait pour aboutir à ce résultat. Aujourd’hui, Tom Van Grieken le défend fièrement: il n’y a, selon lui, pas une once de racisme dans le programme du Belang.


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Il faut dire que le texte a été transformé et fignolé pour le rendre socialement acceptable. Même le slogan a changé: "Eigen volk eerst" est devenu "Onze mensen eerst". Une nuance qui rend le message un rien moins populiste, même si l’idée de favoriser une tranche de la population implique de fait une forme de discrimination.

Un message discriminatoire plus vécu comme du racisme?

Après des années de polarisation dans les débats politiques, la parole s’est libérée. On en revient à revendiquer le droit de vouloir se protéger des migrants et surtout des musulmans, qui ne constituent que 7% de la population. Si le Vlaams Belang ne s’attaque plus directement aux étrangers dans son programme, il se focalise toutefois sur l’islam et sur la menace que représenteraient ses valeurs, le tout en prenant soin de rester dans le domaine du légal pour éviter d’être une nouvelle fois condamné par la justice, comme en 2004.

Car c’est finalement la justice qui détermine si une personne, un parti ou un discours est raciste…

Et ce cadre juridique a plus que jamais son importance alors que le concept même du racisme est remis en question. Il y a quelques années déjà, la ministre flamande des Affaires intérieures, la N-VA Liesbeth Homans déclarait que le racisme était une notion "relative". Suite au score de l’extrême droite, le débat est à nouveau lancé. Pour le scénariste Raf Njotea une chose est sûre: "Les électeurs du Belang ne sont pas tous racistes, mais tous les racistes ont voté pour le Vlaams Belang". C’est sans doute l’un des hics dans la tentative de normalisation du parti.

Son image sera d’ailleurs probablement difficile à préserver avec des élus tels que Filip Dewinter et Dries Van Langenhove, mais aussi avec des électeurs qui, pour certains, se sentent renforcés par les résultats du 26 mai. Sur les réseaux sociaux, les témoignages d’actes racistes se sont multipliés sous le hashtag #allemaalvanbelang, qui veut dire ‘tous importants’. Des témoignages qui ouvriront peut-être les yeux de celles et ceux qui ont voté VB uniquement par contestation.

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