Les critiques d'Hugues Dayez, avec "The Big Sick", pépite du cinéma américain indépendant

Dans The Big Sick, Kumail Nanjiani raconte sa propre histoire. Celle d’un immigré pakistanais à Chicago qui rêve de devenir star du stand-up.
2 images
Dans The Big Sick, Kumail Nanjiani raconte sa propre histoire. Celle d’un immigré pakistanais à Chicago qui rêve de devenir star du stand-up. - © Capture d'écran YouTube

Comme chaque semaine, découvrez les critiques ciné de Hugues Dayez. Au programme ce mercredi: "The Big Sick" et "Lola Pater".

The Big Sick

Dans cette comédie aigre-douce, Kumail Nanjiani raconte sa propre histoire. Celle d’un immigré pakistanais à Chicago qui rêve de devenir star du stand-up. Alors que sa famille rêve de le voir faire des études de droit et que sa mère invite à dîner des jolies Pakistanaises pour arranger un mariage, Kumail n’en fait qu’à sa tête: le soir, il joue des sketches dans un petit cabaret de la ville et surtout, il tombe amoureux d’Emily, une jeune étudiante américaine. Mais après cinq mois d’idylle, Kumail n’ose toujours pas annoncer cette relation à ses parents. C’est alors qu’Emily tombe gravement malade…

A l’écran, Kumail Nanjiani joue son propre rôle, tandis que Zoe Kazan incarne Emily. Et le charme opère: le comédien pakistanais manie l’autodérision comme personne et a le sens du dialogue qui fait mouche. Et surtout, il évite tous les pièges, à la fois les caricatures grossières et les scènes larmoyantes lorsqu’Emily se retrouve à l’hôpital. La mise en scène de Michael Showalter, sans esbroufe, se met efficacement au service des comédiens et des situations. Signalons, dans le rôle de la mère d’Emily, le retour réjouissant de Holly Hunter ("La leçon de piano", "Top of the lake") dans un rôle humoristique… Vous cherchiez LA comédie de l’été? Vous l’avez.

Lola Pater

A la mort de sa mère, Zino doit, pour régler l’héritage, retrouver la trace de son père Farid qui a disparu il y a des années sans laisser de trace. Avec l’aide du notaire, il trouve une adresse dans une masure du Sud de la France. Là, il rencontre Lola, qui enseigne les danses orientales. Zino imagine que Lola est la nouvelle compagne de son père; il n’en est rien: Lola est son père. Farid a changé de sexe il y a des années, et n’ose pas avouer sa transformation à son fils.

Le thème de la transsexualité est souvent abordé au cinéma. Mais ici, le réalisateur Nadir Moknèche a choisi une option originale: au lieu de confier le rôle de Lola à un acteur qui serait maquillé en femme, il l’a proposé à Fanny Ardant. La comédienne doit donc convaincre le spectateur que Lola, dans une première vie, a été Farid… Sacré défi que l’actrice relève avec brio: petit à petit, le spectateur croit au passé de son personnage. Face à elle, Tewfik Jallab incarne avec talent Zino, ce fils qu’elle a envie de retrouver sans trop savoir comment…

La saveur de "Lola Pater" réside d’ailleurs essentiellement dans ce face-à-face, car Nadir Moknèche s’appuie sur un scénario plutôt conventionnel. Mais les fans de Fanny Ardant salueront le travail de l’actrice française.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir