Les Coulisses des Pouvoirs: la monarchie n'est qu'une fiction

Les Coulisses des Pouvoirs - La monarchie n'est qu'une fiction
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Les coulisses du palais royal où l’on a du apprendre avec un certain soulagement le jugement du tribunal de première instance de Bruxelles qui a donné raison au Roi Albert II dans le conflit qui l'oppose à Dephine Boël...

Un certain soulagement car le jugement évite de placer la maison royale dans un flagrant délit de mensonge. Le tribunal ne dit pas qui est le père biologique, il ne tranche pas, il dit qu’il y a suffisamment d’éléments pour dire que le seul vrai père à ses yeux et aux yeux de la loi est le père affectif, Jacques Boël. Fin provisoire des débats, puisqu’il y aura un appel. Voilà qui évite, pour l’instant, un retour brutal à la réalité, à l’évidence. Depuis que la mère de Delphine Boël a parlé, dit sa vérité, plus grand monde n’est dupe. Mais donc, pour l’histoire officielle il n’y a qu’un père. Et Albert II ne sera pas ramené à la condition d’un simple citoyen, obligé de se soumettre à un test ADN. Les apparences sont sauves... jusqu'à l’appel...

Est-ce que cela contribue à dégrader l’image de la famille royale?

Oui parce que ce déni, place le mensonge au cœur du palais. Comme si c’était quasiment un mode de fonctionnement. En fait plus que de mensonge, il faudrait parler de mise en scène. Et cela nous ramène à la nature même de l’institution royale. Au fond, toute institution est une fiction, une fiction partagée, dont la reconnaissance établit une communauté. Le parlement par exemple, on ne peut pas le réduire à un bâtiment, il pourrait se réunir ailleurs, on ne peut pas le réduire aux parlementaires, ils changent tout le temps. Au fond, ce qui fait le parlement, c’est le crédit que nous lui accordons, le rôle que nous lui reconnaissons de nous représenter, de faire les lois. Le jour où cette croyance collective disparaît, il n’existe plus. C’est la même chose pour l’argent, la monnaie. Elle n’existe que parce que nous croyons en la valeur symbolique de nos billets. Si nous n’avons plus confiance dans nos billets, et les chiffres de notre compte en banque, tout s’écroule. Au sommet de cette enchevêtrement de fictions, de croyances et de symboles: il y a la monarchie. Cette mise en scène suprême où le pouvoir se trouve incarné dans une réalité biologique, celle de la famille.

Et cette mise en scène se retrouve aujourd’hui perturbée

Comme si soudain, en plein milieu de la représentation, l’éclairagiste endormi avait fait tomber avec fracas son bardas sur la scène. Nous avons beau savoir que nous sommes au théâtre, notre cerveau a tendance à l’oublier et à croire dans la mise en scène. On en est là, une grosse perturbation collective. L’image de la famille parfaite que tente de donner la maison royale est une fiction et qui plus est une fiction en décalage avec l’explosion des modèles familiaux que nous connaissons. En attendant chacun va reprendre son rôle, la pièce va continuer, et nous les spectateurs seront ramenés à notre condition et à cette seule question: est-ce que nous voulons encore y croire ou pas?

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