Le silence étrange de la Flandre sur l'impasse politique francophone

Il n'y a eu aucune réaction politique de la Flandre depuis l'annonce fracassante du cdH. Exemple : ce mercredi, nous avons contacté le ministre Guy Vanhengel, libéral flamand et bruxellois. Les libéraux flamands se réjouissent-ils de l’éventuel retour du MR au pouvoir en région ? Cela pourrait être intéressant. Silence radio.

Mercredi soir, à la VRT, Bart De Wever était invité pour parler de la sécurité, des militaires en rue à Anvers. Rien sur le blocage politique francophone. Lui qui, pourtant, ne s’empêche pas de temps en temps, de lâcher une boule puante de l’autre côté de la frontière linguistique. La dernière en date, c’était le gentil qualificatif pour Elio Di Rupo " ce mort vivant ". Hier, pas un mot.

Lors du scandale du Samusocial, tous, même les socialistes flamands, étaient montés aux barricades. Ici, rien. Tout simplement pas qu’ils n’en ont pas besoin.

Assaisonnement communautaire

Ils n’en ont pas besoin parce que les francophones s’entretuent. Parce que l’enjeu de cette crise, c’est aussi l’éventuel blocage des institutions francophones. Regardez ce qui est train de se profiler : le blocage bruxellois. DéFI continue de flirter avec les socialistes bruxellois, alors qu’en Wallonie, le PS a déjà fait ses cartons. Qu’est-ce que cela pourrait donner ? Un îlot bruxellois à gauche, avec au Nord, une Flandre à droite, au Sud une Wallonie de centre droit. Le tout dans la Belgique dirigée par un libéral…. On n’a jamais fait mieux en termes d’assaisonnement communautaire.

L’un des acteurs de cette saga n’est autre que le président de DéFI, Olivier Maingain, l’un des meilleurs ennemis de Bart De Wever.

Qu’est-ce qui se passera avec la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Le trait d’union francophone ? Censée être l’addition des gouvernements wallons et bruxellois ? Personne, aujourd’hui, n’a la réponse.

Lutgen reprend son cadeau fait à la N-VA

Mais il ne faut pas croire que la Flandre applaudit le spectacle francophone. Ce serait trop simple, et c’est en cela que cela devient intéressant. Pour la N-VA, il est en fait crucial que les socialistes restent au pouvoir. Pour pouvoir cogner, il faut que le boxeur reste dans l’arène.

"En 2014, Lutgen a fait un cadeau à la N-VA en concluant un accord ultrarapide avec le PS, il vient de le reprendre." C’est l’aveu d’un nationaliste. Ce sont les mots de Hendrik Vuye dans l’hebdomadaire Knack, l’ancien "Monsieur Réforme de l’Etat" de la N-VA.

La stratégie de la N-VA, expliquée encore récemment dans le livre "La Flandre inachevée", c’est qu’en menant une politique de droite, en Flandre et au niveau Fédéral, les nationalistes veulent pousser les Wallons à s’enfuir, à demander davantage d’autonomie.

Voilà pourquoi la N-VA se tait. Cela met à mal son projet.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK