Le Scan : que vaut ma voiture que Bruxelles va interdire ?

Une Opel Corsa noire comme il en roule encore des milliers. Elle date de 2004, vient de dépasser les 175.000 kilomètres et, excepté un autoradio un peu fainéant, se laisse conduire sans aucun réel souci. Mais voilà, dans un peu plus d’un an, comme tous les véhicules de norme EURO 3 et 4, cette Opel sera interdite à Bruxelles. Que faire ? L’équipe du Scan a mené un petit comparatif.

La prime Bruxell’Air : entre 500 et 1000 €

C’est l’option privilégiée par les politiques. Elle redirige les automobilistes ayant radié leurs plaques d’immatriculations vers les transports publics, avec différents packages comprenant abonnement STIB, abonnement Cambio et prime vélo.

Mais attention, cette prime "ce n’est pas pour partir en vacances, c’est pour des solutions de mobilité alternatives à la voiture individuelle " rappelle le ministre bruxellois Alain Marron. Pas question donc d’obtenir ladite prime en argent liquide.

La valeur de ces packages est d’environ 500 euros, mais si la radiation de la plaque est accompagnée d’un certificat de destruction du véhicule (attention, toutes les casses n’en délivrent pas !), alors on double tant les abonnements que les primes vélos.

La prime Bruxell’Air, c’est donc l’assurant d’obtenir une espèce de bon d’achat de 500 ou 1000 €.

À la revente ? C’est moins !

1000 €, c’est justement l’estimation qu’Olivier Duquesne fait de notre Opel. Il est journaliste au Moniteur Automobile et a vite fait de remarquer qu’un "bout de pare-chocs pendouille un peu à l’arrière", tout en pointant d’autres petites marques d’usure.

Mais le souci majeur de la voiture, c’est ce "moteur d’une ancienne génération, c’est-à-dire Euro3 ou Euro4", qui la rend quasi obsolète à Bruxelles et fait inévitablement chuter sa valeur. Malgré tout, on a mis notre véhicule sur le marché, pour voir combien on pouvait en tirer, en suivant plusieurs pistes.

Tout d’abord, via le site Vendez Votre Voiture, principale plateforme de négociations de véhicules d’occasion. Et voici son estimation :

Pas trop mal, même si ce prix sera débattu et sans doute abaissé en cours de route. Des variations que le site indique "entre 20 et 30%".

On a poursuivi notre route vers des garages dont le rachat et l’export de vieux véhicules sont la spécialité. On voyait déjà notre Opel Corsa promise à un bel avenir à l’international, mais loupé : jamais une offre n’a dépassé les 400 euros…

Et il faut croire que notre véhicule ne vaut effectivement plus grand-chose. On a composé les numéros de plusieurs petites cartes collectées sur notre pare-brise (vous voyez certainement). En guise de réponse, des offres de 100 à 300 euros, par des anonymes uniquement intéressés par les pièces détachées.

Une mesure… à deux vitesses

La prime Bruxell’Air semble bien, en valeur absolue, être l’offre la plus intéressante pour notre Opel Corsa. En tout cas, en ce qui nous concerne…

Car échanger un vieux véhicule contre un abonnement de transport en commun n’est, pour beaucoup de personnes, pas une option. C’est ce que rappelle Filip Rylant, porte-parole de Traxio : "C’est surtout les gens les plus démunis qui souffrent d’une telle règle, parce que ce sont des personnes qui n’ont pas de possibilités de s’acheter de voitures plus modernes, et qui souvent en auront besoin pour aller travailler."

Bruxelles va en 2021 rendre la prime "plus séduisante" nous assure Alain Maron, notamment "en élargissant les transports publics proposés" et en augmentant la valeur absolue de la prime pour les plus défavorisés.

Pour des explications plus concrètes, il faudra encore patienter quelques mois. Le temps, peut-être, de voir d’autres villes adopter les mêmes mesures. En Wallonie, Charleroi, Namur ou Liège songeraient elles aussi à interdire les vieux véhicules dans leurs centres-villes.

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