Le Roi Philippe à Paul Magnette : "Un arc-en-ciel ? Chiche !"

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le Palais a pris Paul Magnette de court. Le président du Parti Socialiste en effectuant le tour des plateaux télé après son colloque singulier avec le chef de l’État ne s’attendait pas à ce moment-là de se retrouver à la manœuvre de ce qui risque bien de devenir la plus profonde crise politique du Royaume.

Marquer le coup

Le nouveau président du PS tenait à marquer le coup : une coalition avec la N-VA reste et demeure impossible. Paul Magnette détaille : il est impossible de s’entendre avec un parti qui veut une nouvelle réforme de l’état et poursuivre des restrictions en Sécurité Sociale. La N-VA n’a d’ailleurs pas véritablement démenti, indiquant que pour elle, il n’était pas question de renoncer à son programme.

La Belgique restait figée au 26 mai, jour du dernier scrutin.

Sentant le piège progressivement se refermer, le PS a de nouveau posé clairement les choses : l’alliance avec la N-VA n’est pas envisageable, elle ne l’a jamais été. Seule une alliance sans la N-VA (appelée arc-en-ciel au Sud, groen-paars au Nord) est possible.

Mais la présence de la N-VA reste le choix d’une majorité du monde politique flamand, qui est venu le répéter au Palais. Un gouvernement fédéral sans majorité au nord n’est pas une option.

Le Roi a donc décidé de prendre Paul Magnette à son propre jeu ; à lui de trouver la clé.

Il n’y a pas de CD & V au numéro demandé

Les conditions sont pourtant loin d’être réunies. Le temps de mission (12 jours) est court au regard des précédentes qui n’ont rien fait bouger.

L’arc-en-ciel rêvé par le PS et les Ecologistes bute sur une réalité : Open VLD et surtout CD & V n’imaginent une coalition qu’avec la présence de la N-VA.

Les libéraux flamands restent très discrets, s’abritant jusqu’ici derrière Charles Michel. Celui-ci est à présent parti. Alexander De Croo attend son heure.

On s’attendait à une mission confiée éventuellement au CD & V. Le Palais a préféré le ménager, poussant Magnette à l’avant-plan. Le premier conseiller du Roi, son chef de cabinet Vincent Houssiau était jusqu’en 2017 et son arrivée au Palais, le chef de cabinet de… Koen Geens, celui que son parti a bombardé négociateur en chef, faute de président. Vincent Houssiau, diplomate francophone, est passé avant cela par les cabinets Leterme, Vanackere et Van Rompuy. Il possède bien plus les arcanes des chrétiens-démocrates flamands qu’il n’entretient de relations avec Bart De Wever ou Paul Magnette.

Sans négliger pour autant la N-VA, le bourgmestre de Charleroi est donc prié de démontrer qu’il peut faire vivre son arc-en-ciel. Mais avec un CD & V qui n’entend pas bouger, qui tient à son alliance flamande avec la N-VA, qui a ses entrées au Palais, cet arc-en-ciel d’automne risque de connaître le même sort que l’été dernier, ce coquelicot wallon si cher également à ce même Paul Magnette.

 

@PhWalkowiak

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