Le Roi, la Loi, la Paternité (pom, popom)

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Une querelle judicaire sur une recherche de paternité peut-elle devenir une affaire publique ? La réponse semble affirmative quand il s’agit d’un ancien chef de l’état, bénéficiaire qui plus est d’une dotation publique de … 75.000€/mois.

Affaire privée

La liaison du prince Albert a longtemps été connue de quelques privilégiés. Il en était très bien ainsi. Le prince n’exerçait alors que des fonctions auprès de la Croix-Rouge ou du Commerce Extérieur.

L’histoire prend un autre tour quand Albert succède à son frère à la tête de l’Etat, quand en 1999 le grand public apprend l’existence d’une fille née hors-mariage et surtout quand en 2013, Delphine Boël entend obtenir la reconnaissance officielle de sa filiation. L’affaire privée devient affaire publique, presque affaire d’Etat.

S’il est légitime de contester en justice cette demande, l’entêtement pourrait finalement nuire à l’ensemble de l’institution monarchique belge.

Image de la monarchie

Au moment où le prince Laurent conteste l’ " amende " que le gouvernement entend prélever sur sa dotation, alors que la N-VA propose à nouveau de revoir le mécanisme de ces dotations, l’affaire Delphine vient jeter un nouveau trouble.

Toutes les parties auraient à gagner à ce que cette affaire se termine au mieux. A ce stade, la position défendue par l’ancien roi ne tient plus tant devant l’opinion publique que devant la Justice. Albert II a bien entendu la possibilité d’user de toutes les ficelles et autres arguties juridiques pour tenter de retarder une issue inéluctable, il ne fait, de par son entêtement, que fragiliser la monarchie qu’il a incarné pendant 20 ans.

Hormis pour Baudouin et Philippe, les historiens admettent que tous les rois des Belges ont eu une descendance hors mariage reconnue. Il ne s’agirait donc même pas d’une première.

Après s’être déjà plaint du faible (sic) montant de sa dotation, l’acharnement judiciaire d’Albert II le dessert à nouveau ; à travers lui, il remet quelque peu le fonctionnement institutionnel belge et pose à nouveau la pertinence d’une monarchie au XXIème siècle.

 

@PhWalkowiak

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