Le retour estival du cdH

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La triplette de présidents bute toujours sur la même pierre : faute d’un gouvernement des extrêmes incompatibles PS-N-VA, comment trouver une majorité ? Sachant qu’à ce stade CD&V et Open VLD exigent que le futur gouvernement fédéral dispose d’une majorité en Flandre mais qu’au MR, on s’accommoderait assez bien d’un exécutif fédéral ridiculement sous-représenté côté francophone.

Faiseur de majorité

Les trois présidents se sont ainsi fendus d’un communiqué commun : dans l’intérêt du Pays, il reste aujourd’hui préférable de négocier un Gouvernement pouvant s’appuyer sur une majorité parlementaire, avant d’envisager, en dernier recours, l’une ou l’autre formule minoritaire.

Option toujours creusée : une majorité regroupant donc les libéraux, le CD&V, soit l’équipe actuelle " renforcée " par la N-VA, le parti qui les avait envoyés paître en décembre 2018 sur fond de désaccord irrémédiable sur le pacte des migrations, et surtout les " petits poucets " SP.A (9 députés) et cdH (5 députés). Dans cette putative majorité de 76 députés (sur 150), chaque voix compte.

Après le scrutin de mai 2019, après une nouvelle défaite électorale, réduit à portion congrue, le cdH faisait le choix de l’opposition. Face à l’actuelle crise politique, il se dit à présent disponible, malgré les réticences que ce parti a plusieurs fois exprimées à l’égard de la N-VA.

Si les commentateurs fixent leur attention sur l’attitude du président du SP.A et ses exigences, il ne faudrait pas négliger le cdH, pièce indispensable du montage élaboré par la triplette Coens-Bouchez-Lachaert.

Minoritaire

A ce stade, les démocrates-humanistes peuvent se montrer très exigeants. La Libre de ce jour détaille leur cahier de revendications : norme de croissance de 3% par an pour les soins de santé, semaine de 4 jours de travail, 500 millions €/an pour la Justice, investissement massif dans le rail, Green Deal, etc. soit de nombreux points qui donnent de l’urticaire aux nationalistes voire aux libéraux flamands. Des éléments auxquels peuvent en revanche, tout à fait souscrire les socialistes du nord… comme du sud du pays.

La triplette met la pression sur le SP.A : ces dernières heures des signaux contradictoires ont été adressés par au moins une formation politique. A cet égard, il est demandé un positionnement clair aux partenaires potentiels.

Les tenants du gouvernement résiduaire pressent le moment du choix. Et si la solution à 76 ne fonctionnait pas, la porte pour une solution de gouvernement minoritaire (comme proposé par la doublette Magnette-Rousseau) reste entrouverte (cf. supra). Le cdH se trouve désormais dans les deux solutions restantes.

De toute façon, chaque formation joue ses dernières cartes et il va être de temps de savoir comment la Belgique politique va overzomeren… passer l’été et quel genre de gouvernement le citoyen retrouvera à la rentrée.

 

@PhWalkowiak

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