Le PS convié à la table du confédéralisme

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Avant les élections, la N-VA refusait d’envisager de négocier avec le PS (ou ECOLO) si ce n’est pour envisager la fin de la Belgique via ce que les nationalistes appellent pudiquement le confédéralisme.

A présent, tant le bureau de la N-VA que Theo Francken via divers moyens de communication, souhaitent à nouveau discuter avec les socialistes francophones (pourquoi s’embarrasser des autres ?) toutefois sans jamais en préciser l’ordre du jour.

Le confédéralisme ? Chiche !

Les blocages actuels titillent l’imagination des nationalistes au point qu’ils renient quelque peu leur principe : en Flandre, cela négocie avec l’extrême-droite (ce que la N-VA s’était toujours refusée à faire, notamment après les communales) et au fédéral, cela se dit prêt à discuter avec les socialistes francophones honnis !

Tant la FEB que le CD & V souhaitent que Bart De Wever et Elio Di Rupo se parlent et constituent l’ossature de la majorité fédérale. Le président du PS avait entrouvert la porte, à condition que l’on ne parle pas réforme de l’état. Porte vite refermée, d’autant qu’au PS, Paul Magnette n’est pas sur la même longueur d’onde. Et à présent, le parti fait la sourde oreille.

La N-VA sent que le confédéralisme est à portée de main ou en tout cas, au sud du pays, ce n’est plus l’épouvantail politique absolu. Elle entend pousser cet avantage.

Mais encore faut-il savoir de quoi on discute !

A deux ou à quatre ?

Sur ce sujet, la discussion peut devenir interminable. Le modèle de la N-VA suppose une Belgique cogérée par Néerlandophones et Francophones, avec une cogestion de la région bruxelloise, sans même demander l’avis des Bruxellois eux-mêmes ! Le nationalisme flamand nie Bruxelles, dont il a fait sa capitale où les Flamands ne représentent que moins de 10% de la population. Unique au monde.

Face à cela, les partis francophones sont divisés, entre eux et plus encore en leur sein, entre les communautaristes et les régionalistes.

C’est une des tares du modèle belge qui s’est développé sans que l’on ne choisisse entre un fédéralisme centré sur les communautés (l’option flamande initiale) et un fédéralisme basé sur les régions (option wallonne et ensuite également bruxelloise).

Au sud du pays, pour éviter les dissensions, les partis ont sans cesse repoussé ce débat.

En Wallonie, des régionalistes (au MR et au PS) plaident pour une Belgique à quatre entités, ce qui aurait le mérite d’une certaine clarté mais contraindrait la Flandre à lâcher Bruxelles !

Mais s’il faut attendre un accord sur ce projet pour constituer un exécutif fédéral, la Belgique ne disposera pas d’un gouvernement avant des années !

@PhWalkowiak

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