Le PS, cette épouse répudiée

On ne sait pas encore ce qu’on aura. Mais on sait ce qu’on n'aura plus. Le PS-cdH, c’est fini et pour longtemps. C’est tout simplement historique, une page de 30 ans se tourne. Ce n'est pas un divorce c'est une répudiation. 

Après un tel acte, qui est pris comme une trahison au PS, PS et cdH ne pourront sans doute plus gouverner ensemble pour de longues années au niveau régional, communautaire et local. Le centre de gravité politique francophone va donc se déplacer, vers le centre droit.

Qui a la main aujourd’hui politiquement?

Très clairement et très nettement le MR. C’est lui qui aujourd’hui peut décider de sauver le PS.

Le choix est simple. Le MR est condamné à sortir de son isolement. Soit il choisit l’alternance et tisse des liens avec le cdH qui lui tend la main, avec DéFI aussi duquel il a divorcé, avec Ecolo peut-être. Soit il choisit le PS. Et aujourd’hui, le MR est encore divisé, il n'a pas choisi.

L’alternance est la voie politique logique mais elle est compliquée à réaliser.

La coalition avec le PS est politiquement difficile à assumer mais plus simple à réaliser et permettrait de bétonner une série d’accords pour les communales en 2018 et pour 2019.

Il faudra choisir entre les idées et la stratégie. Entre le baiser de Janus de Lutgen et le baiser du diable avec Di Rupo...

Le MR en position centrale mais face à un choix compliqué. C’est encore pire pour les autres

Le PS d’abord, qui s’enfonce dans la crise. Ce qu’il a vécu hier est une humiliation. Et même une humiliation personnelle pour Elio Di Rupo qui pourra, je pense, difficilement survivre à ça. L’opposition sera très difficile à vivre et à animer. Quand à une hypothétique coalition avec le MR, cela les expose encore plus à la menace PTB. Choix impossible pour le PS.

Ecolo est aussi face un dilemme. Repousser le PS dans l’opposition, c’est soutenir un gouvernement de centre droit. Chose que les écologiste n’ont jamais assumée jusqu’ici.

Enfin DéFI devra dépasser toute l’inimitié qui s’est créée avec le MR depuis le divorce.

Reste le cdH, c’est lui qui est dans la situation la plus confortable?

Oui et encore, mais enfin il a fait son choix, le cdH. C’est le choix d’un parti qui craint de disparaître. Ce que craignait Benoît Lutgen c’est qu’un PS affaibli, après les prochaines élections ne lie son sort aux libéraux. Il anticipe, il force quelque part la main à tout le monde en essayant de profiter de la fenêtre de tir ouverte par Macron en France. Il est convaincu qu’il y a un momentum historique pour le centre.

Reste à voir si ce sera un momentum pour les francophones. Ils vont bientôt savoir s'ils ont droit aussi à l’alternance.

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