"Le procès du siècle", LE film décisif sur l'Holocauste

Denial, le procès du siècle.
Denial, le procès du siècle. - © Denial

Deborah Lipstadt, historienne juive américaine, spécialiste de l’Holocauste, dénonce en 1995 dans un livre un de ses confrères négationnistes, l’Anglais David Irving. Celui-ci décide de l’attaquer en justice, elle et son éditeur Penguin, pour diffamation devant les tribunaux anglais.

Deborah Lipstadt découvre alors la différence entre le système aux USA et le droit anglais. En Amérique, il y a la présomption d’innocence ; la charge de la preuve incomberait à Irving. En Grande-Bretagne, c’est l’inverse : c’est à Lipstadt de prouver qu’elle n’a commis aucune diffamation. L’historienne engage dès lors une armée d’avocats qui, aidés de recherchistes, vont tenter de démontrer toutes les falsifications de David Irving, dictées par un antisémitisme féroce… Le procès, qui démarre en janvier 2000, devient alors le procès de l’Holocauste : il s’agit de prouver scientifiquement l’existence des chambres à gaz à Auschwitz, pour clouer le bec aux négationnistes…

Le dramaturge anglais David Hare, scénariste de " Procès du siècle ", a réussi un tour de force : résumer les temps forts, dans un film de deux heures, d’un procès très complexe qui s’est étalé sur plusieurs mois. Le film montre aussi les coulisses et les préparatifs de ce procès, dont une scène décisive d’une visite d’Auschwitz par Deborah Lipstadt (Rachel Weisz, émouvante) et son avocat Richard Rampton (Tom Wilkinson, excellent). Le résultat est passionnant, et d’une rare intelligence… A une époque où les fake news abondent, où l’extrême-droite brandit régulièrement des thèses négationnistes, " Le procès du siècle " est plus qu’un bon film, c’est un film salutaire.

La colère d’un homme patient

Tout commence par un hold-up qui tourne mal : le chauffeur, Curro, qui attend fébrilement ses complices, n’arrive pas à démarrer au quart de tour pour prendre la fuite et se fait arrêter par la police… Après ce prologue, l’action du film s’installe huit ans plus tard. La compagne de Curro attend sa sortie imminente de prison. Serveuse dans un bar, elle se fait draguer par José, un client timide et peu bavard. José revient régulièrement dans ce bar, mais que cherche-t-il exactement ?

"La colère d’un homme patient" a été le grand vainqueur des Goyas, les Césars espagnols. C’est un premier film derrière la caméra pour l’acteur Raul Arévalo, qui revisite, plus que le polar, un genre dont raffole les anglo-saxons : le film de " vigilante ", autrement dit le film de vengeance. Sans dialogue inutile, avec une mise en scène visuellement très maîtrisée, Arévalo installe un climat ambigu, fait monter le suspense dans un film serré, sans temps mort, assez bref (à peine une heure et demie). Cela dit, méritait-il autant de lauriers (Goya du meilleur film, du meilleur scénario, du meilleur jeune réalisateur, du meilleur second rôle) ? Non, car même si le film est efficace, " Tarde para la ira" ne renouvelle pas le genre. C’est juste un bel exercice de style qui devrait permettre à Arévalo d’avoir une bonne carte de visite pour bosser à Hollywood…

Un profil pour deux

Pierre (Pierre Richard), veuf et dépressif, ne sort plus de chez lui. Pour le tirer de sa déprime, sa fille lui envoie Alex, le copain de sa petite-fille. Son job ? Initier le vieux monsieur aux arcanes de l’informatique. D’abord rétif au PC, Pierre y prend goût, au point de s’inscrire sur un site de rencontre… Il commence une relation épistolaire enflammée avec Flora. Le hic, c’est que Pierre a triché sur son âge et s’est fait passer pour un jeune homme. Lorsqu’il s’agit d’enfin rencontrer Flora en chair et en os, Pierre demande à Alex… de prendre sa place.

Cette intrigue vous rappelle quelque chose ? Eh oui, " Un profil pour deux ", c’est " Cyrano de Bergerac " à l’ère de " Meetic ". Le réalisateur Stéphane Robelin mixe cet imbroglio amoureux classique avec un thème dans l’air du temps, les rencontres par Internet. Il évite de sombrer dans la vulgarité, si prisée dans tant de comédies françaises actuelles, et montre beaucoup de tendresse pour ses personnages : Pierre Richard oublie de cabotiner et Yannis Lespert (frère de Jalil, acteur et réalisateur d’ "Yves Saint-Laurent ") est attachant dans le rôle d’Alex. Robelin a juste oublié un ingrédient essentiel pour toute comédie : le rythme ! " Un profil pour deux " déroule son intrigue mollement ; résultat, ce n’est jamais désagréable à regarder, c’est parfois touchant, mais rarement désopilant.

Aurore

A La Rochelle, Aurore, mère quinquagénaire et divorcée, traverse une mauvaise passe. Serveuse, elle vient de perdre son emploi, poussée vers la sortie par un patron qui préfère les jeunes ; elle a des bouffées de chaleur provoquées par la ménopause, tandis que sa fille lui annonce qu’elle va devenir grand-mère. C’est à ce moment-là qu’Aurore revoit par hasard son grand amour de jeunesse ; elle rêve de renouer avec lui, mais elle a tellement peu la pêche qu’elle se demande si c’est encore possible…

Avec la complicité de l’actrice Agnès Jaoui, la réalisatrice Blandine Lenoir ose un portrait de femme de 50 ans comme rarement montré au cinéma. Dommage que, pour ce faire, Lenoir se soit sentie obligée de réduire tous les personnages masculins à des caricatures : ce sont tous, ou presque, des lâches, des crétins ou des beaufs… Dommage aussi qu’elle ait manqué de rigueur dans son écriture, car si " Aurore " est truffé de scènes bien observées, le film est parfois terriblement brouillon. Le produit fini, on l’aura compris, est très inégal.

Les Gardiens de la Galaxie 2

On ne change pas une équipe qui gagne : grands triomphateurs du box-office en 2014, les Gardiens de la Galaxie reviennent sauver le monde. Soit cinq mercenaires : un beau gosse, une extra-terrestre à peau verte, un raton-laveur à mitrailleuse, un Mr Muscle et un bout de bois dénommé Groot… Alors que la plupart des films de super-héros s’engluent dans une pesante solennité, l’univers des " Gardiens " - issus de l’écurie Marvel, bien sûr – suinte l’humour et le second degré.

Les producteurs de la franchise sont malin : au premier degré, le film séduit les teenagers grâce aux scènes d’action et aux effets spéciaux, et au second, il amuse les adultes avec sa kyrielle de private jokes et sa bande originale truffée de grands tubes des années 80 ( ELO, Fleetwood Mac …) Nul doute que cet opus 2 va refaire un malheur au box-office.

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