Le plan de relance ... de polémiques stériles

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Finalement, n’est-ce pas le signe d’un bon accord, équilibré ? Voir des gens de bords différents râler sur la même solution âprement négociée. Mieux encore, MR et Ecolo bruxellois partager le même constat, les mêmes frustrations ! Finalement, ce plan de relance économique post-covid recèle des ressources insoupçonnées !

Un véritable plan européen

De quoi s’agit-il en fin de compte ? L’Europe a décidé d’octroyer à la Belgique un peu moins de 6 milliards € pour relancer son économie. Mais pas n’importe comment, pas de saupoudrage, avec des priorisations en direction des régions les plus défavorisées, mais aussi centrés autour de l’environnement (isolation des bâtiments, énergie renouvelable, économie circulaire), le numérique, la mobilité (rail, routes), la recherche et le vivre ensemble (enseignement et santé). La Commission demande que minimum 37% du total des investissement aillent à la transition écologique et 20% minimum aillent à la transition digitale.

On est loin des traditionnelles clés de répartition belgo-belges entre régions et ici, le fédéral est même considéré comme une entité à part entière. On remarquera également au niveau européen que la répartition entre pays favorise les plus faibles économiquement ou technologiquement.

Chacun sa part, chacun ses responsabilités

C’est le charme de la politique à la belge. Là où dans la plupart des pays, ce plan de relance national ne passe que par les mains d’une ou deux tendances politique, chez nous, pas moins de 10 partis, de Pro DG au CD&V en passant par la N-VA ou DéFI, ont été associés de près ou de loin à la discussion entre six gouvernements.

Après la négociation, plusieurs responsables bruxellois se sont montrés frustrés, faisant généralement mine que leur propre parti, leurs propres responsables ont négocié la répartition financière. Cela permet aux écolos bruxellois de se faire entendre ou au MR bruxellois, d’égratigner la majorité et un ministre-président malmené ces derniers temps, même si c’est une vice-première libérale, élue députée à Bruxelles, qui a notamment négocié cette répartition. Cela reste finalement très enfantin. La Flandre, qui poussée par le VOKA, avait pourtant de grandes ambitions, se dit satisfaite de sa part (" seulement " 38% de l'enveloppe totale). Finalement, Olivier Maingain remet les choses en place : "Quand on additionne les montants de la Fédération Wallonie-BXL et de ses deux régions, le total est supérieur à celui de la Flandre. Pas de quoi se lamenter".

Fin de la récré ? Le gouvernement bruxellois va accorder ses violons, fera un grand semblant de rien et le MR bruxellois trouvera un autre os à ronger. Ainsi va la politique à la petite semaine sous nos latitudes. Pas de quoi redorer un blason auprès d’un citoyen depuis longtemps circonspect (euphémisme) sur ses représentants.

Puissent les politiques être désormais aussi réactifs sur la qualité des projets à défendre, sur les interactions à générer sur le terrain entre régions, communautés et le fédéral. En somme de construire l’avenir, de préparer un futur meilleur plutôt que de se chamailler sur qui à la plus grosse part.

 

@PhWalkowiak

Bruxelles: lésée par la répartition du plan de relance ? JT du 12/01/2020

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