Le photographe Gaël Turine et l’écrivaine Caroline Lamarcheun donnent la parole au personnel hospitalier dans un livre

Un an de combat. Depuis l’apparition du SARS-CoV-2, les équipes soignantes se battent littéralement contre la maladie. Aujourd’hui, les témoignages de ces hommes et de ces femmes ont été recueillis et compilé au sein du livre "Traces".

Le photographe Gaël Turine et l’écrivaine Caroline Lamarche qui sont à l’origine de ce bouquin étaient invités sur La Première ce mercredi matin. "J’ai reçu une masse importante de témoignages, je m’en suis imprégnée pendant des semaines et j’ai laissé surgir ce qu’il y avait de plus puissant et de plus représentatif" explique l’autrice. "Donc, moi, j’ai été une sorte de boîte aux lettres et de centrifugeuse de matière orale, vocale et écrite."

Comme l’ajoute le photographe, "autant dans les mots que dans les portraits, l’ensemble du personnel est représenté, aussi bien le personnel de cuisine que les brancardiers, que le personnel administratif, que le personnel de logistique, que les agents d’entretien, et évidemment le personnel soignant. Il y avait aussi toutes ces professions qui étaient restées un peu dans l’ombre pendant la couverture média de la première vague."

J’avais choisi la chirurgie pour une raison : si on opère, c’est qu’il y a de l’espoir. Et je me suis retrouvée à prodiguer des soins de fin de vie. J’ai tenu la main de chacun de mes patients, j’ai pleuré, beaucoup. - C. infirmière en chirurgie

Et plutôt que de photographier ces personnes durant leur travail, ce sont de véritables portraits qui ont été réalisés. "Monter ce studio dans chacun des quatre hôpitaux Iris Sud permettait d’aller vraiment à la rencontre de personnes, d’individus, de manière beaucoup plus intime que de pratiquer une photo plutôt de reportage. […] Toutes les personnes qui ont rejoint le projet pour être photographiées ou pour livrer des textes l’ont fait sur base volontaire, évidemment. Mais il n’empêche que demander à quelqu’un, à une personne d’opérer comme une forme d’immersion, de se replonger dans ce qu’il a traversé au cours de la première vague, c’est un exercice émotionnellement et physiquement très difficile, mais il y a eu dans ce studio cette rencontre et cette magie qui semble avoir."

Et comme l’indique son autrice, le but de ce livre est réellement de faire passer un message. "Nous avons voulu transmettre des traces et c’est vraiment une initiative des hôpitaux Iris Sud. Nous avons été magnifiquement épaulés dans cette tâche. Moi, je pense que les gens racontaient surtout des histoires et ont partagé leurs émotions. Et c’était le but, c’était d’aller chercher vraiment des choses très personnelles. Mais comme nous l’a dit le philosophe Pascal Chabot, ce livre destiné au départ uniquement au personnel soignant a une portée réellement éthique et politique, et c’est pour ça qu’il convient aussi de le partager et de donner au public. Donc, le message se dégage de toutes ces histoires qui nous ont été confiées avec autant de confiance et de générosité."

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