Le Pearl Harbor de la N-VA

Le pion le plus puissant des nationalistes est donc de sortie. Suite aux critiques du VLD, Bart De Wever se retrouve dans le rôle qu’il maîtrise le mieux : celui de victime. Victime d’une trahison dit-il, d’un couteau dans le dos, une attaque coordonnée. A VTM il a même lâché l’expression "Pearl Harbor". Oui rien que ça, Pearl Harbor.

Faut-il le rappeler. L’attaque japonaise contre la flotte américaine du pacifique basée à Pearl Harbor est dans le roman national américain une date pivot. Une date a jamais marquée du sceau de l’infamie, celle d’une attaque surprise, en traître. Toujours dans ce roman national, cette attaque a tout changé. C’est elle qui rend la "guerre juste" car elle a fait des Etats Unis une victime. Elle les a fait sortir de leur isolement et les a forcés à s’impliquer dans le conflit mondial, puis à devenir la puissance dominante du monde libre face à l’URSS. Passons ici le fait que ce roman national s’écarte souvent des faits. Il surdétermine l’importance de l’attaque dans le conflit. Les Etats Unis se préparaient la guerre avant Pearl Harbor. Car l’expansionnisme Japonais menaçait gravement leurs intérêts dans le pacifique. Passons ici la longue liste d’erreurs tactiques commises par les Américains (avérées) qui ont laissé prospérer les théories les plus folles autour de la "surprise" de cette attaque (théories non-avérées).

Mais il y a consensus historique sur une des conséquences de l’événement : Pearl Harbor a été un événement qui a permis à Roosevelt de gagner la bataille de l’opinion qui n’était pas acquise à la guerre. Vu la puissance industrielle des Etats-Unis, ce réveil de l’opinion se révèle être un échec stratégique pour les Japonais.

Réveil de l’opinion flamande ?

Prenons De Wever au mot, ce que le VLD a fait serait donc un Pearl Harbor, un moment clef, une attaque surprise. Mais aussi donc une erreur stratégique qui doit permettre a la N-VA de se victimiser et de lancer sa campagne de conquête de l’opinion.

Aussi tôt dit, aussitôt fait, Bart de Wever se pose donc en une victime d’une attaque infâme. "Je négociais avec monsieur Magnette" dit Bart de Wever à la VRT. "J’envoyais des notes, je défendais les intérêts de ceux qui travaillent, épargnent et entreprennent. Le PS défendait les autres." Le ton est donné. "Le VLD a donné un signal à Monsieur Magnette qu’il était sur la bonne voie pour affaiblir les Flamands". Et Bart de Wever de donner sa vision de la négociation, “il faut rester derrière la ligne de l’accord flamand.”

Traduction de cette ligne de communication. Le VLD et le CD&V doivent rester derrière la N-VA, sinon la Flandre est en péril face au véritable ennemi : les autres, la gauche francophone. Mais l’histoire de ce Pearl Harbor fantasmé par Bart de Wever n’est pas encore écrite. La bataille de la communication ne fait que commencer.
 

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