Le paradigme de Francken

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Bien sûr que Theo Francken a raison !

La Belgique doit être en mesure d’abriter ceux qui se sentent menacés chez eux, pour leurs opinions. Mais pourquoi diable ce qui vaut pour Barcelone-la-paisible ne vaudrait-il pas pour Alep-la-bombardée ou Mogadiscio-la-terrorisée ?? Pourquoi collaborer avec le chef d’état soudanais, génocidaire condamné mais pas avec un chef de gouvernement d’une démocratie de l’Union Européenne ?

Problème politique

L’Espagne s’est émue des propos du secrétaire d’Etat à l’Asile. Le Premier Ministre s’est senti obligé d’intervenir, se limitant toutefois à demander à Theo Francken de ne pas jeter de l’huile sur le feu. On le remarquera, il ne s’agit pas d’un rectificatif, d’un désaveu voire des propos rassurants pour Madrid… mais un énième recadrage, devenue spécialité vaine du Premier Ministre tant l’égard de Theo Francken ou de Zuhal Demir . Charles Michel apparaît de plus en plus comme un " pion " dépassé par un élève trop turbulent, sur lequel il n’a aucune autorité et qui à force de recadrages sans effet, finit par se croire intouchable, jouissant d’une impunité. Cette impunité est renforcée par sa popularité et par le fait que son véritable patron est sans doute plus à Anvers qu’au 16, rue de la Loi.

" Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne " avait proclamé Jean-Pierre Chevènement ; pour sûr, avec Theo Francken, le positionnement politique vaut bien plus que la position du Premier Ministre ou la crédibilité du gouvernement belge.

Rêve nationaliste

Si une large part de son électorat ne se lève pas tous les matins en songeant à l’indépendance de la Flandre, la N-VA garde cet idéal en point de mire et tous ses cadres ont été biberonnés par cette idéologie.

La Catalogne fait fantasmer les nationalistes flamands, bien trop pusillanimes (en fait totalement couillons et calculateurs) pour organiser une consultation sur le sujet en Flandre, étant sûrs de le perdre. Dans cette perspective, il faut donc bien mieux occuper les postes-clés du gouvernement fédéral tout en entretenant la flamme romantique de l’indépendance et d’une pseudo-solidarité entre peuples " opprimés " (souvent les plus riches).

Dans la bible nationaliste du XIXème siècle, le séparatisme intégral était un dogme ; dans le monde globalisé de 2017, c’est du blabla populiste ! constatait Paul Goossens ( De Standaard, octobre 2017).

Et en matière de populisme, Theo Francken et la N-VA savent y faire…bien plus que le Premier Ministre en matière de recadrage.

 

@PhWalkowiak

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