Le Palais entre un "Jour sans fin" et "Mission Impossible"

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

D’ici peu, cela fera 300 jours que les citoyens belges ont voté et le Roi en est toujours réduit à faire défiler les présidents de parti en son Palais. L’échec de la mission provoque un énième retour à la "case départ" qui sous certains aspects n’a jamais été véritablement quittée.

Le 26 mai, Bart De Wever martelait : "Mon seul veto c’est contre le PS et Ecolo". Le PS répétait : "Jamais avec la N-VA". Bien entendu, d’éternels optimistes ou ravis de la crèche ont vu ça et là des velléités de collaboration entre les deux principaux partis de la Chambre, leader chacun dans leur communauté mais l’évidence finit toujours par s’imposer même si lors de sa mission, Koen Geens, est sans doute arrivé à des convergences entre les deux ténors. Toutefois, des convergences ne font pas un accord final et encore moins un gouvernement de coalition.

Le choix préféré des plus petits

Un axe PS-NVA convenait finalement assez bien au couple CD&V-MR. Les deux formations ont toutes les deux, connu une des plus lourdes pertes électorales : moins six députés chacune. Allier les deux principaux partis de leur communauté permet au CD&V de rester à l’abri du "grand frère" et au MR de mouiller le PS à son tour, dans une collaboration avec les nationalistes flamands.

La N-VA semble moins réticente à embarquer le PS, si confédéralisme et nouvelles économies budgétaires sont au rendez-vous. Après avoir négocié avec les nationalistes, Paul Magnette ne pouvait pas plus longtemps, laisser accroire qu’une majorité avec la N-VA était possible, après avoir répété le contraire depuis des mois. Il est autant victime de sa propre posture que de réelles divergences de fond.

Les autres devront à présent s’y faire : ce sera soit avec le PS sans la N-VA, soit avec la N-VA sans le PS. Choisir son camp.

Aux marches du Palais

Le Roi se prépare à revivre le 27 mai 2019, ce jour où il commence à recevoir pour tenter de lancer la formation d’un gouvernement. Revivre inlassablement la même journée, la même séquence politique, les mêmes blocages. Le Jour sans fin.

Le Palais a été présomptueux. Il a grillé (provisoirement ?) son meilleur atout : Koen Geens. Sans doute joué à contretemps ce "joker". La démonstration que le PS, seul, ne pouvait y arriver, a été illustrée par la fin de mission de Paul Magnette. La démonstration (certes, par l’absurde) que Bart De Wever n’y réussirait pas non plus, n’a pas été effectuée. Il est sans doute trop tard.

Le Roi et son entourage reconsidèrent à présent l’ensemble du problème. La formation d’un gouvernement fédéral demeure inaccessible. La mise sur pied d’un gouvernement de transition/techniciens, comme le retour aux urnes repose là aussi sur le vote d’une majorité de députés, ce qui n’est pas acquis.

Le Roi ne dispose plus de beaucoup de solutions. Il temporise. Avant de lancer un nouvel agent dans une nouvelle "Mission Impossible".

Qui ? Comment ? Pour que faire ?

 

@PhWalkowiak

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