Le Palais au secours du CD&V

Coup de théâtre au Palais. Ce vendredi soir, le Roi décide de débarquer prématurément et passer immédiatement le relais à… Koen Geens. Une mission aux contours flous, s’aventurant dans un véritable champ de mines.

Il se dit que les principaux intéressés n’ont rien vu venir ; les présidents de parti eux aussi ont été pris de court. Ils s’étaient pourtant résolus à voir une mission confiée à Bart De Wever qui se tenait prêt. Le Palais ne l’entendait pas de cette oreille et a immédiatement joué sa (dernière ?) carte : Koen Geens.

L’expédition Coens-Bouchez tournait court.

L’échec de Bouchez ?

Les deux néo-présidents-ex-informateurs ont passé leur week-end à multiplier les explications de texte justifiant leur mission et son issue subite.

Georges-Louis Bouchez avait misé d’emblée en décembre sur une "Quatre Saisons" que le CD&V a avalé de travers. En janvier, place donc à une énième tentative de rapprochement PS/N-VA.

Le président du MR a dû prendre acte de ce que le CD&V de son compère n’entendait pas aussi facilement lâcher la N-VA.

Comme le soulignait le politologue Dave Sinardet : "Du côté flamand, on entend souvent qu’un accord entre le PS et la N-VA ne serait pas finalement si impossible que cela. Le parti socialiste serait prêt à faire des concessions sur la régionalisation de certaines compétences en échange d’une politique plus sociale. Mais, dans ce cas de figure, ce serait le MR qui n’aurait plus beaucoup d’éléments intéressants : il n’aurait pas de politique libérale, devrait faire des concessions communautaires et lâcher l’Open Vld."

Georges-Louis Bouchez déporte l’attention sur le PS, tout en croisant les doigts pour celui-ci ne cède pas aux sirènes du Palais (et du CD&V).

L’échec de Coens ?

Ce CD&V parvient à rester (seul) au centre du jeu. Le Parti est tombé à son plus bas niveau en près de 200 ans d’existence. Il ne pèse plus que 12 députés (autant que le PTB-PVDA) mais ambitionne toujours d’occuper le 16.

Si Joachin Coens, néo-président adoubé par les véritables patrons du parti Koen Geens et Hilde Crevits, a pu empêcher d’embarquer trop vite son parti dans la "Quatre Saisons", il n’a pas pu desserrer l’étreinte dans laquelle Bart De Wever le tient. La N-VA répète à l’envi que les chrétiens-démocrates ne peuvent monter dans une coalition fédérale minoritaire en Flandre, en y excluant les deux premières formations du Nord.

Le CD&V reste à ce stade, l’otage des nationalistes.

Geens et le Palais

Koen Geens est-il en mesure de changer la donne ? Le Palais a en fait son dernier rempart avant la crise, voire des élections. L’ex-chef de cabinet du ministre de la Justice (mais aussi des cabinets Leterme, Van Ackere ou Van Rompuy), Vincent Houssiau, est devenu celui du roi Philippe.

Koen Geens est homme suffisamment précis et méticuleux pour ne pas s’être engagé dans cette mission impromptue sans garantie et vision à moyen terme. La question reste la même que le 26 mai 2019 : puisque PS et N-VA ne veulent/peuvent gouverner ensemble, que faire ?

Le Palais joue la carte CD&V. La dernière ?

Clé de réussite ou source de blocage final ?

 

@PhWalkowiak

 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK